Il nous faut un Etat organisé, rompant avec l’improvisation

Publié le par guissguiss

AHMADOU MOCTAR MBOW SUR LA SITUATION DU PAYS « Il nous faut un Etat organisé, rompant avec l’improvisation »
Amadou Moctar Mbow, l’ex-Directeur général de l’Unesco demeure convaincu que le chef de l’Etat doit s’approprier les conclusions des travaux des Assises nationales. Des travaux qu’il préside depuis le 1er juin 2008 et qui ont pris fin hier 24 mai. Le jeu en vaut la chandelle selon lui d’autant que la gravité de l’heure est telle qu’il urge d’avoir un Etat organisé, rompant avec l’improvisation.
Quand les opérateurs économiques nationaux décrient leur marginalisation dans le tissu économique, que les acteurs du monde rural souhaitent, depuis quatre ans, la tenue des états généraux de leur secteur ; lorsque des organisations de la société civile, de travailleurs et du patronat réclament une amélioration significative de la gouvernance, la transparence dans la gestion des affaires publiques, c’est parce que le pays se trouve à la croisée des chemins. Et, si des organisations syndicales demandent à être écoutées, parce qu’elles ont des idées pour la défense et la viabilité du service public, dans tous les domaines, mais sont royalement ignorées, la presse privée est mutilée, les médias publics monopolisés par le pouvoir d’Etat ; le dialogue politique inscrit aux abonnés absents, alors réfléchir sur le devenir du Sénégal devient un devoir national. C’est tout le sens qu’il faut donner à la tenue des Assises nationales, mais aussi à l’acceptation par le président de celles-ci pour piloter ce vaste rassemblement. « Je l’avais dit, le 1er Juin dernier, je le réitère aujourd’hui : ces Assises nationales ne sont pas conçues comme une conférence nationale souveraine déguisée. Il ne s’agit pas non plus d’une entreprise de subversion, ni d’un complot », a martelé Ahmadou Moctar Mbow. Mais, souligne-t-il, réfléchir autour des Assises nationales est un devoir national auquel on ne devait pas échapper. Alors, implore-t-il, tous les partis, y compris le Parti démocratique sénégalais au pouvoir, ainsi que l’ensemble de la Société civile pour qu’ils se joignent à la charte et à son application ». Motif invoqué : « Il nous faut un Etat organisé, rompant avec l’improvisation. Si nous le voulons, nous le pouvons, car, dans la vie d’un peuple, il n’existe pas de situation qu’on ne puisse pas changer ».

« Wade doit s’approprier les conclusions des Assises nationales »
À l’endroit des plus sceptiques qui croient que le malaise de notre pays a atteint un point de non retour, Ahmadou Moctar Mbow lance : « Notre destin n’est inscrit dans aucune fatalité. Notre avenir, nous le ferons dès à présent, en réglant nos problèmes d’aujourd’hui ». Pour lui, « au lieu de passer notre temps à nous invectiver dans un pays qui connaît des problèmes graves et qui vont davantage s’aggraver, j’ai la conviction que tous doivent se mettre autour d’une même table, pour trouver les solutions de sortie de crise. C’est pourquoi je reste convaincu que le président de la République doit s’approprier les conclusions de nos travaux, comme le ferait tout autre citoyen ». Quid d’une audience avec le chef de l’Etat pour lui soumettre les conclusions des travaux ? L’ancien boss de l’Unesco, qui n’a pas dit explicitement sa décision ou celle du bureau des Assises nationales a déclaré : « Je serais prêt à le rencontrer, si le président de la République me le demandait par le biais d’une audience ». Dans la foulée, Ahmadou Moctar Mbow précise que quel que soit celui qui est au Pouvoir, une pression de l’opinion peut être telle qu’il est possible de lui faire changer d’avis. Et, comme s’il voulait définitivement faire taire ceux qui lui taillent un costume de présidentiable, le président du comité de pilotage desdites Assises clarifie : « Compte tenu des postes que j’ai occupés dans ma vie, je ne me mêlerai jamais des disputes politiques ».

D. TH

Mbow à Bara Tall : « On est de tout cœur avec toi dans l’épreuve injuste que tu traverses »

Autant il a le sentiment d’être injustement étranglé dans sa propre patrie, autant le patron de l’entreprise Jean Lefebvre n’est pas seul dans le croche-pied du destin qui s’est abattu sur lui. Ahmadou Moctar Mbow, histoire de lui retourner l’ascenseur, lui a témoigné sa solidarité, ainsi que celle de l’ensemble du bureau des Assises nationales. « Je tiens, au nom de toute l’équipe des Assises nationales, à dire à Bara Tall qu’il a le soutien sans faille de tout le monde dans l’épreuve injuste qu’il traverse », tranche l’ancien directeur de l’Unesco. Suffisant pour que l’assistance plonge dans la joie et applaudisse le président des Assises nationales.

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