Touba et Tivaouane sur le pied de guerre

Trop, c’est trop ! C’est par ce cri d’indignation que beaucoup de chefs religieux ont sonné l’alerte et ont annoncé leur décision ferme d’aller en croisade contre les maîtres coraniques qui s’adonnent de plus en plus au jeu criminel du viol des jeunes filles élèves. Après Serigne Bara Mbacké, le khalife général des mourides, c’est autour de Serigne Mansour Sy, par la voie de son porte-paole, de dénoncer les agissements de ces personnes et d’appeler à une guerre contre ceux qui veulent ternir l’image de l’Islam.

Touba, le 16 mai 2009, les populations sont dans l’émoi après avoir appris à travers les radios locales l’ « exploit » de Layene Wilane, maître coranique de son état dans la localité de Ndame depuis environ deux ans. L’homme, originaire de la région de Kaolack, a violé dix des filles à qui il enseignait le Saint Coran. L’affaire a éclaté quand l’une des élèves s’en est ouverte à sa mère qui a très vite alerté les gendarmes pour son arrestation.

Trois jours après, le khalif général des mourides a chargé son cousin et bras droit Serigne Mountakha Bassirou Mbacké de faire une déclaration publique en son nom et au nom de la communauté mouride, pour dénoncer ces actes ignobles et demander à ce que la loi, dans toute sa rigueur, soit appliquée à Layéne Wilane. La fermeture immédiate de l’école où il professait a été opérée.Khalif de Touba

L’occasion a été saisie aussi pour annoncer une réorganisation totale du secteur de l’enseignement coranique à Touba dans les prochaines semaines. En attendant, il est demandé à ce que toute implantation d’écoles coraniques dans le périmètre de la ville sainte se fasse en rapport avec la ligue des maîtres coraniques de Touba.

Par ailleurs, Serigne Abdoul Aziz Sy al ibn, porte-parole du khalif général des tidianes avait déploré ce mercredi lors d’une conférence des enseignants tidianes de Fatick le comportement de certains marabouts qui ne sont intéressés, selon lui, que par des intérêts matériels. Le chef religieux estime que cette attitude contraste avec les pratiques de l’islam. 

Les musiciens sont aussi dans le collimateur de certains chefs religieux pour leur tendance à mettre en évidence, et en des termes jugés "sataniques" les noms de figures emblématiques tels El Hadji Malick Sy et Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.

C’est en tout cas l’avis de Serigne Maodo Sy, fils aîné de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Présidant avec le premier ministre, le 17 mai dernier, la première édition de la conférence nationale de la Fédération ’’Serigne Maodo Sy’’ à l’Institut islamique de Dakar, il n’a pas hésité à parler de blasphème pour décrire le fait que des musiciens se servent de ces illustres personnalités religieuses dans leurs chants.

Qualifiant une telle pratique d’inacceptable Serigne Maodo Sy a exhorté les chefs religieux à prendre des mesures pour que cesse ce genre de dérapages.