Invité de l’émission « Pencòo », Abdoulatif Coulibaly

Pourquoi les hommes politiques piquent dans les caisses de l’Etat
Au cours de l’émission "Pencòo" diffusée par Walfadjri, le journaliste-écrivain Abdoulatif Coulibaly a estimé que c’est parce que la société sénégalaise perçoit la politique comme un moyen de promotion sociale que les hommes politiques piquent souvent dans la caisse. Le directeur de publication du magazine La Gazette, a également joint sa voix aux réactions qui ont suivi la déclaration de patrimoine de Khalifa Ababacar Sall.

Invité de l’émission « Pencòo », Abdoulatif Coulibaly a analysé la polémique née des déclarations de patrimoines et la richesse supposée ou réelle des acteurs politique. "Au Sénégal la politique est perçue comme un moyen de promotion sociale" a déclaré Latif. Et pour lui, "ce n’est pas la faute aux politiciens mais c’est une tare de notre société. Même pour des cérémonies religieuses, les premiers sollicités sont les hommes de pouvoir. Il faut que les mentalités changent pour éviter que les hommes politiques piquent dans la caisse". L’ancien directeur de Radio Suf_fm est catégorique, "c’est la société qui encourage les hommes politiques à gaspiller l’argent du contribuable". Aucun segment de la socièté n’est épargné. Les responsabilités sont partagées : "même les journalistes parrainent cela. Quand on nomme un nouveau ministre, les journalistes commentent en disant qu’il a eu un poste juteux », a analysé le directeur de publication du magazine La Gazette.

« Dans notre pays, poursuit-il, quand un homme commence à faire de la politique, il n’a aucun bien, aussitôt après, il se retrouve à gérer des millions. Il y a une loi punissant l’enrichissement illicite et le détournement de deniers publics. Il faut que les organismes de contrôle fassent leur travail et que le décret retrouve sa valeur », a jugé le journaliste Abdoulatif Coulibaly.

Le journaliste est par ailleurs convaincu de la bonne foi du maire de Dakar, toutefois il estime que Khalifa Sall aurait dû joindre au moment de sa déclaration, les détails qu’il a apportés plus tard pour plus de précisions.

M. Coulibaly considère par ailleurs que le boycott inédit des élections législatives de 2007 a accéléré le processus d’organisation des Assises nationales. « Les assises nationales ont été un cadre de réflexion ouvert à tout le monde, tout ceux qui veulent y contribuer sont libres de le faire. Les assises ne se sont pas focalisées sur Me Wade. Elles ont critiqué aussi bien le régime socialiste que le régime libéral. Ce qui a accéléré le processus des Assises, c’est le boycott inédit des élections législatives. Il fallait que l’on fasse quelques choses pour éviter que le pays ne tombe dans le chaos », a-t-il notamment dit.

Interpellé sur la participation des ancien membres du Parti socialiste comme Habib Thiam, Amadou Makhtar Mbow etc, Abdoulatif Coulibaly rétorque : « ce n’est pas parce que l’on a été socialiste que l’on n’a pas droit à la parole. On ne peut pas sanctionner deux fois les socialistes. C’est la démocratie qui veut que ceux qui ont été sanctionnés en 2000 puissent prendre la parole et donner leur position sur la marche des affaires publiques. »

Selon lui, étant donné que les Assises nationales sont le fruit d’une réflexion objective et saine, refuser ses conclusions, c’est faire montre d’étroitesse d’esprit et les accepter, c’est avoir de la hauteur.

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