Serigne Mansour Sy Djamil : Des Assises ont eu lieu dans ce pays en 1908

Publié le par guissguiss

Serigne Mansour Sy Djamil : Des Assises ont eu lieu dans ce pays en 1908

 Après Rufisque, c’est au tour de Thiès d’installer, hier, le Bureau de la Coordination départementale des Assises nationales. La cérémonie  a eu pour cadre le Centre Daniel Brottier qui a retrouvé, à l’occasion, ses grands moments d’ambiance avec le grand public qui s’y était donné rendez vous. Dans ce public, chose assez particulière, une forte présence d’imams ou leurs représentants comme ceux de la mosquée de Grand Thiès et de Nguent et des délégations venues des autres circonscriptions administratives du département.

En l’absence du Pr Amadou Makhtar Mbow qui a pris quelques jours de repos, c’est le vice-président national des Assises, l’écrivain Cheikh Hamidou Kane, à la tête d’une délégation d’une dizaine de membres du Bureau national, qui a procédé à l’ouverture officielle de la cérémonie d’installation. C’est après que le marabout Serigne Mansour Sy Djamil a installé le Bureau de la Coordination qui a, désormais, à sa tête, un des ténors du barreau thiessois, l’avocat Amadou Sonko. Ce dernier sera assisté dans sa tâche par quatorze autres membres dans le Bureau qui ne comprendra qu’une seule femme, Mme Joséphine Ndione, Celle-ci occupera le poste de 1ère vice-présidente.
L’installation du Bureau de la Coordination de Thiès est l’aboutissement d’un travail entamé depuis le 4 août dernier par le Comité de pilotage départemental, suite à la circulaire n° 2 du président national des Assises. Ce comité qui s’est réuni neuf fois à son siège provisoire, a buté sur le choix d’un président. Ce dernier sera finalement trouvé par le Dr Jean-Baptiste Ndione, responsable départemental du Ps. Il proposera le nom de Amadou Sonko. Ce dernier, ainsi que tous les autres responsables au cours de la cérémonie, ont insisté sur le sens de l’engagement qui doit caractériser tout citoyen qui veut prendre part au travail des Assises nationales. Il s’agit d’un engagement citoyen sur un fond de «sursaut national pour sortir le Sénégal de la crise dans laquelle il se trouve», dira en substance Me Sonko. Il en profitera pour tirer un coup de chapeau «aux femmes et à la presse de ce pays», qui sont le détonateur de la prise de conscience ayant fait aboutir aux Assises nationales. Des Assises dont la jeune histoire a été contée à l’assistance par le président Cheikh Hamidou Kane, avec en toile de fond, la détermination de ses initiateurs et de ses parties prenantes à aller jusqu’au bout, malgré le ridicule et les multiples menaces dans les prises de position des tenants du pouvoir. En atteste le nombre des parties prenantes qui passé de 70 à 107 depuis le lancement. En atteste aussi le nombre de bons de participation pris hier durant la cérémonie pour renflouer les caisses des Assises nationales à la recherche d’un budget de 105 millions dont la moitié a déjà été obtenue. Les consultations vont durer deux jours avant de déboucher sur des consultations régionales réunissant près de 200 personnes issues des trois départements de la région et des personnes-ressources.
 
ASSISES EN 1908
Avec Cheikh Hamidou Kane, Serigne Mansour a tenu en haleine la salle pendant plus de trente minutes, avec en prime, d’incessants applaudissements. Dans un discours improvisé et de bonne facture, le marabout a évoqué plusieurs fois les écrits du Saint Coran pour magnifier les vertus du dialogue, qui reste le fondement des sociétés islamiques et des sociétés tout court. C’est pour démontrer à son public que les Assises nationales ne sont autres qu’un dialogue entre citoyens désireux de se pencher sur la résolution des difficultés de leur pays et dont il trouve l’explication à plusieurs niveaux. Au détour d’une évocation historique, Serigne Mansour révèle que des Assises nationales, il y en a eu dans notre pays en 1908 et cela a permis, dans un dialogue entre responsables de Saint-Louis, de régler des problèmes à partir d’une concertation. Concernant le dialogue, le marabout ne manque pas de se poser des questions qui doivent être abordées, comme l’Etat hérité de la colonisation, le fait religieux dans notre pays, la question du fichier électoral, le découpage électoral, la pensée de Cheikh Anta Diop dans les Assises, etc. Il faut du courage pour mener les Assises, conclut le marabout, qui fait sienne la pensée de Steve Bicko, qui a prêté sa vie pour combattre l’apartheid. «Je vais prier pour la réussite des Assises nationales», a-t-il lancé.
Correspondant

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