Salif BA et Ousnabe MAsseck NDIAYE ont détourné l'argent
Rattaché à la Présidence de la République au moment de sa création, le PCRPE est par la suite placé sous la tutelle du ministère de l’Habitat et de la Construction. Il est érigé en Agence d’exécution dénommée « Agence du Programme de Construction d’Immeubles administratifs et de Réhabilitation du Patrimoine bâti de l’Etat » depuis 2004 en application du décret n°2004- 193 du 17 février 2004.
Le PCRPE est administré par un conseil de surveillance. Sa direction est assurée par un directeur général. Ont successivement assuré les fonctions de directeur général durant la période 1997 à 2003 sous revue : M. Mohamed El Moustapha DIAGNE de 1997 à mars 2000, M. Ousmane Masseck NDIAYE, en sa qualité de Secrétaire général de la Présidence de la République, nommé par décret n° 2000-267 du 3 avril 2000, M. Salif BA, nommé par arrêté présidentiel n°00109/PR/MEDC/SGPR du 10 janvier 2001 et remplacé à ce poste par M. Baïdy Souleymane NDIAYE.
Les ressources du PCRPE proviennent, à l’origine, de la convention de financement de 80 millions de dollars US signée le 16 février 1996 entre la République de Chine et le Sénégal et d’une subvention du Budget consolidé d’Investissement.
La prise en charge de dépenses sans rapport avec les missions du PCRPE.
Le PCRPE a pris en charge, au cours de la période sous revue, un ensemble de dépenses sans rapport avec ses missions définies dans les arrêtés n° 007822/PR/MSAP du 9 octobre 1996 et n° 0010/PR/ME/DC/SGPR du 10 janvier 2001 portant création et fonctionnement du PCRPE.
Ces dépenses concernent :
le règlement des factures liées à l’inauguration officielle du marché au Poisson de Kaolack pour un montant de 67 773 200 francs au profit de l’entreprise ESIR (chèque BICIS n ° 8370222 du 04 décembre 2003) ; des travaux de réhabilitation des pistes rurales par les entreprises ESCI, SATTAR et SOUTOURA en 2001 pour un montant de 5,1 milliards de francs ; des travaux de réhabilitation de voirie communale, d’entretien et de pistes rurales dans les régions de Thiès et de Kaolack pour un montant global de 4 056 468 890 francs par les entreprises SATTAR et SOUTOURA ;
le règlement des frais de couverture médiatique du meeting intitulé « Développement socio-économique avec solidarité pour une région » pour un montant de 3 560 000 francs au profit de Afrique Intégration Magazine (chèque BICIS n°6792590 du 04 novembre 2003) ;
le règlement de l’achat d’un billet d’avion Dakar-Paris-Milan-Paris pour Madame le Ministre délégué à la petite Enfance et à la Case des Tout Petits, Ndèye Khady DIOP, pour un montant de 1 567 500 francs (chèque BICIS n°8370368 du 12 novembre 2003), suite à une correspondance en date du 10 novembre adressée à M. Salif BA, Ministre de l’Habitat et de la Construction. Des indemnités journalières d’un montant de 540 000 francs ont été également versées à Madame le Ministre (chèque BICIS n° 8370376 du 17 novembre 2003) ;
la prise en charge du salaire du porte parole de la Présidence de la République M. Souleymane Ndéné NDIAYE, sur demande de M. Ousmane Masseck NDIAYE, Secrétaire général de la Présidence de la République ; Dans sa lettre n° 02844/PR/SG du 08 mai 2001, le Secrétaire général de la Présidence de la République demande au directeur du PCRPE « de bien vouloir prendre en charge et à compter du 03 janvier 2001, le salaire de M. Souleymane Ndéné NDIAYE, en attendant la régularisation de sa situation administrative par le ministère de la Fonction publique ». M. NDIAYE a reçu du PCRPE la somme globale de trois millions quatre cent trois mille deux cent vingt (3 403 220) francs représentant dix mois de salaire (de décembre 2000 à septembre 2001.
l’achat de moulins à céréales pour un montant de 127 500 000 francs par la Présidence de la République pour le ministère de la Famille et de la Solidarité nationale (facture Equipe Plus n°01/014/ASC en date du 23 Avril 2001) ;
l’achat de 245 appareils de téléphones portables pour la Présidence de la République pour un montant de 52 137 000 francs ;
la mise à disposition de fonds à l’Association Education-Santé pour un montant de 75 906 525 francs dans le cadre du financement du projet de construction d’écoles élémentaires communautaires à Ninefecha et Mbissao ;
la mise à la disposition du Bureau d’architecture du Palais de fonds d’un montant de 16 770 357 francs payé par chèque BICIS n° 8370369 du 13 novembre et viré dans le compte n° 460068045 Citibank dudit Bureau sur demande du chef de ce bureau transmise par lettre n° 00442/PR/SG/B architecture du 03 novembre 2003 ;
les dépenses liées à l’équipement de la villa du Minis tre de la Famille et de la Petite Enfance, Madame Awa Guèye KEBE, pour un montant de 2 990 000 francs (facture n°0010 du 25 avril 2002 par Kasy Bois) et réglées par chèque Citibank (n°1237500). Madame KEBE a considéré que n’étant pas administrateur de crédits et n’ayant pas demandé à être équipée par le PCRPE, elle ne pouvait pas rembourser ladite somme.
Bien qu’il ne soit pas une institution financière, le PCRPE s’est livré à consentir des prêts à des structures publiques et privées :
2 000 000 000 de francs à la Société nationale de Commercialisation des Oléagineux de Sénégal (SONACOS) pour le financement de la campagne agricole, qui ont été remboursés avec un retard significatif ;
20 535 000 puis 9 000 000 et enfin 2 500 000 de francs au cabinet BET-ED et à son directeur, M. El Hadji Amadou DIOUF, Architecte conseil. Au 31-12-2004, lesdits prêts n’étaient pas encore totalement remboursés.