Le Général Ould Abdel Aziz persiste et signe : "Il n’y aura pas de retour en arrière"
Le chef de la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 6 août en Mauritanie a déclaré lundi qu’il n’y aurait "pas de retour en arrière" dans le pays, deux mois après le renversement du président élu, en dépit de l’exigence européenne d’un "retour à l’ordre constitutionnel". "Il n’y aura pas de retour en arrière en Mauritanie, notre processus démocratique se poursuit bien, mieux qu’avant le 6 août, et le peuple soutient totalement le mouvement de la rectification" (putsch), a affirmé le général Mohamed Ould Abdel Aziz à la presse à Nouakchott, après une visite à la société nationale de distribution d’eau.
L’Union européenne a donné lundi un mois à la Mauritanie pour présenter des propositions en vue d’un "retour à l’ordre constitutionnel", faute de quoi elle déclenchera un processus de sanctions.
Ces exigences de l’UE ont été réaffirmées à l’issue des consultations, lundi à Paris, entre une délégation mauritanienne dirigée par le Premier ministre nommé par la junte, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, et les représentants de l’UE.
L’UE a surtout déploré que les propositions mauritaniennes "n’incluent pas une libération immédiate et sans conditions du président légitime (Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en mars 2007, ndlr) et restent dans un cadre fondamentalement non-constitutionnel et illégitime sans perspectives de retour à l’ordre constitutionnel".
"Ceux qui veulent nous ramener en arrière cherchent à créer des problèmes à notre pays et à notre peuple, ils ne sont qu’un petit nombre de gens qui ne cherchent que des intérêts égoïstes et qui sont rejetés par notre peuple pour leurs actes ignobles", a affirmé le général Ould Abdel Aziz, ex-chef de la garde présidentielle ayant mené le coup d’Etat avant de prendre la tête du Haut conseil d’Etat (junte).
La sortie de crise "est une affaire intérieure mauritanienne" et les "états généraux de la démocratie" prévus fin novembre seront "déterminants" à ce titre, a déclaré l’officier, assurant que "si deux ou trois personnes les boycottent pour des intérêts égoïstes, cela n’affectera en rien leurs résultats".
Le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), formé de divers partis politiques opposés au putsch, rejette ces "états généraux de la démocratie" annoncés, qu’il qualifie de "fuite en avant et de mascarade" en accusant les militaires de chercher à "s’installer définitivement au pouvoir".
Le général Ould Abdel Aziz a récemment déclaré n’avoir "rien décidé encore" sur sa candidature à une élection présidentielle, tout en soulignant qu’un militaire serait en droit de se présenter s’il quittait l’uniforme.