« Il faut le plus rapidement possible un remaniement présidentiel »

Publié le par guissguiss

La création d’un poste de vice-présidence, l’improvisation et l’amateurisme notés au sommet de l’Etat avec un remaniement ministériel qui peine à être bouclé, la vente avortée des actions Sonatel, la crise à Air Sénégal International, le Pr Abdoulaye Bathily ne fait pas dans la langue de bois. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le leader de la Ligue Démocratique (Ld) tire la sonnette d’alarme et avertit sur les dangers qui guettent le pays. Il reproche au Président Wade , à travers son projet de création d’un poste de vice-présidence, d’enfoncer le Sénégal dans une voie qui va conduire les populations vers des lendemains incertains.

Vice-présidence
Cette décision, encore une fois, unilatérale de Abdoulaye Wade est la preuve éclatante comme quoi il méprise les Sénégalais, il méprise la volonté populaire des Sénégalais. Volonté clairement exprimée le 22 mars qui a été, en réalité, la manifestation du rejet de sa tentative d’imposer au pays une succession monarchique. Au lieu de prendre ce message très clair et d’en tirer toutes les conséquences dans le sens de la relance du processus démocratique dans notre pays, il enfonce le Sénégal dans une voie qui, sans aucun doute, va nous mener à des problèmes très sérieux parce que ce poste de vice-Président n’a aucun sens dans nos institutions. C’est une manière d’augmenter les charges de l’Etat au moment où il faut les diminuer. La vice-présidence, c’est une nouvelle institution à côté de l’Assemblée nationale, du Sénat, de la Présidence, du Gouvernement. C’est trop ! Non seulement, il a augmenté le nombre de ministres dans le nouvel attelage, mais il a augmenté dans le pays les institutions au moment où tout le monde lui demande de réduire le train de vie de l’Etat. J’ai vu l’exposé des motifs de cette loi, c’est tellement absurde. Il dit que certains pays africains ont des vice-présidences, donc lui aussi va créer un poste de vice-président. Et les pays qu’il cite, la Gambie, l’Afrique du Sud, n’ont pas de Premier ministre. Ces pays-là n’ont pas deux chambres législatives. Donc pour eux, la vice-présidence peut se justifier dans leur architecture institutionnelle. La vice-présidence est cohérente mais au Sénégal, c’est quelque chose de plus. Dans ces textes-là, c’est lui, en réalité, qui nomme le vice-président, donne les attributions qu’il veut au ou à la vice-président(e). Ce qui n’a pas de sens. Je crois que les Sénégalaises et les Sénégalais doivent combattre cette décision. En ce qui me concerne, la cause est entendue, au Sénégal, ce n’est plus de ce genre de problème qu’il faut s’occuper. Je suis convaincu que Abdoulaye Wade a perdu la raison parce qu’un homme doué de raison ne peut agir comme il le fait depuis quelque temps. Pour moi, il a perdu la raison, il faut que les Sénégalais en soient conscients avant qu’il ne soit trop tard car le pays est en train de sombrer.

Motivations autour de la vice-présidence

C’est toujours cette volonté d’assurer une succession monarchique. Il est obsédé par sa succession et au lieu de laisser la démocratie fonctionner et que les Sénégalaises et les Sénégalais élisent qui ils veulent, il veut leur imposer un successeur par tous les moyens. Et cela, nous ne devons pas l’accepter.

Attitude des populations

Il faut exiger de nouvelles élections, car ce n’est plus un problème de remaniement ministériel ou de changements institutionnels. Nous avons besoin d’un remaniement présidentiel. Il faut que la Présidence échappe à un homme qui a perdu tout contrôle de ses esprits.

Remaniement ministériel interminable

(Il s’écrie presque) C’est encore la preuve éclatante de ce que Abdoulaye Wade ne contrôle plus la situation, il a perdu tout sens des réalités. Nous avons à la tête du pays quelqu’un qui est manipulé par des lobbies parce que lui-même n’est plus conscient de ce qu’il fait. Chacun lui fait un chantage parce que ce régime-là a plein de cadavres dans les placards, il y a beaucoup de choses qu’ils se reprochent entre eux, qu’ils savent. Donc, chacun y va de son chantage et il est obligé de se soumettre à ce chantage-là de peur que de gros scandales n’éclatent au grand jour. Quand un pays est dans cette situation, on peut dire qu’il est en danger.

Affaires Sonatel, Asi, Méridien Président

Aujourd’hui, le Sénégal est en danger parce qu’il est livré à des gamins sans expérience, avides de pouvoirs, assoiffés de richesses. Tous ces gosses qui traînent autour sont ceux qui prennent des décisions. Toutes les décisions qui ont amené à l’écroulement des sociétés publiques et parapubliques, ont été prises par les gosses qui sont autour de lui. Quand il y a eu le scandale des Ics, on a parlé d’un certain nombre d’individus. On a parlé de Godart. Qui a négocié le protocole de la Sonatel ? Ce sont ces pyromanes qui jouent aujourd’hui aux sapeurs-pompiers. Regardez l’histoire de la Sonacos, avec sa privatisation dans des conditions d’opacité totale. Lesquelles ont amené à la ruine de cette entreprise Sunéor, mettant à la ruine la vie de centaine de travailleurs. C’est le même groupe d’individus qui s’active autour d’Air Sénégal International, qui a organisé une curée dans le pays pour s’emparer des ressources nationales, de toutes les entreprises nationales. Voilà aujourd’hui la réalité au Sénégal et tous les citoyens doivent en être conscients avant qu’il ne soit trop tard. J’ai eu l’occasion de le dire : ils ont vendu le pays en pièces détachées. Les gens pensaient que j’exagérais quand j’ai dit que si dans le monde il y avait un marché où on vendait des pays, Abdoulaye Wade serait allé vendre le Sénégal. On le voit aujourd’hui, même si ce marché n’existe pas. Ils sont en train de vendre le Méridien Président à vil prix, rien que la surface de ce terrain vaut plus que 80 milliards qu’ils prétendent récolter de cette vente. Tous les bijoux de famille ont été vendus à vil prix dans des conditions d’opacité totale. On vient d’apprendre qu’on va confier la gérance de l’aéroport international de Yoff à une société internationale. Mais dans quelles conditions ? Il n’y a pas eu d’appel d’offres, rien. C’est une sorte de nuage de criquets qui s’est abattu sur le pays avec ce régime d’Abdoulaye Wade. Cependant, nous disons très clairement aux bailleurs de fonds et à tous ceux qui bénéficient de ces conditions absolument inacceptables que demain, un nouveau régime va remettre cela en cause. On ne peut accepter qu’un groupe d’individus vende le pays aux enchères.

Karim Wade super ministre : « C’est inacceptable, anormal, indécent »

Il met son fils dans un poste qui lui permet au même titre que le ministre de l’Economie et des Finances de négocier des financements, c’est inacceptable. La configuration du portefeuille ministériel de ce jeune Karim Wade lui permet d’avoir la signature de l’Etat en dehors du ministère des Finances. C’est inacceptable, anormal, indécent.

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