Le très respecté corps des gendarmes traverse un malaise

Publié le par guissguiss

APRÈS LA MISE AUX ARRÊTS DE RIGUEUR D'UN HOMME EN BLEU : LE MALAISE S'INSTALLE CHEZ LES GENDARMES

Depuis quelques semaines, le très respecté corps des gendarmes traverse un malaise. Et pour causes, le colonel Coly Ndiaye Cissé, numéro trois de la Gendarmerie, est accusé de «pratiques despotiques» par certains de ses subordonnés. L’arrestation et l’emprisonnement de son chauffeur, un gendarme répondant au nom de S. Sow (2V), sont mis sous son passif. Même si du côté de la maréchaussée, d’autres sources relativisent et brandissent l’argument du «flagrant délit de vol», pour justifier l’incarcération du «gendarme indélicat».

Tout est parti de l’explosion, il y a quelques jours, du véhicule de Monsieur Coly Ndiaye Cissé. «Le véhicule a ensuite pris feu, après que son chauffeur l’a déposé chez lui», affirment nos sources. Lesquelles affirment que la réaction du colonel a été d’accuser le chauffeur et de l’envoyer directement en prison. Une version battue en brèche par d’autres sources qui précisent, d’abord, que la voiture en question a pris feu, il y a environ un mois. Et que la mise aux arrêts de S. Sow est intervenue suite à un cas de vol avéré. Expliquant, dans les moindres détails, le modus opérandi de M. Cissé pour le confondre, nos interlocuteurs affirment qu’après avoir constaté plusieurs cas de vol d’argent dans son véhicule, le colonel lui a tendu un piège. «Un jour, il a sciemment laissé de l’argent dans son véhicule, lorsqu’il descendait. Mais à sa grande surprise, à son retour, les billets avaient disparu», expliquent nos sources. Qui ajoutent que le colonel a aussitôt accusé son chauffeur qui était seul dans le véhicule. «Mais face aux dénégations de ce dernier, il a immédiatement appelé la brigade prévôtale pour le mettre à nu», ajoutent nos sources. A en croire nos interlocuteurs, les éléments de la brigade prévôtale ont soumis le chauffeur à une fouille systématique et ont trouvé la somme globale de 350 000 F Cfa cachée dans ses deux bottes ! Vraie ou fausse, cette version des faits confirme, en tout cas, l’arrestation du gendarme-chauffeur. Le véhicule qui a pris feu a, également, été confirmé, même s’il y a une petite controverse sur la date de l’incident. Mais, au niveau de la Gendarmerie, cette affaire a poussé des hommes en bleu à s’insurger contre «l’injustice, le régime de terreur et les brimades» qui rythment leur vie quotidienne. Ils ont promis de faire face à ce qu’ils appellent «une agression caractérisée»… Interpellé sur ce «malaise» au sein de la maréchaussée, le responsable de Division-communication de la Gendarmerie relativise. Le commandant Daouda Diop nie d’abord l’existence d’un malaise. Avant d’affirmer qu’une institution tricentenaire comme la Gendarmerie ne peut pas être ébranlée par une affaire de véhicule qui prend feu. Une information qui reste, d’ailleurs, à être confirmée, selon ses propres mots.

M. Sow risque la radiation

Mis aux arrêts de rigueur, le «fautif» risque gros. Nos sources disent même qu’il pourrait être purement et simplement radié du corps des gendarmes. Une éventualité que des ultras de la maréchaussée ont juré de combattre par tous les moyens. «Cette affaire peut aller trop loin et elle peut faire mal», affirment des sources internes à la Gendarmerie. C’est pourquoi, au niveau de la hiérarchie qui suit de très près la situation, on réfléchit sur une stratégie pour limiter les dégâts.

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