ASI, SONATEL, SUNEOR, ICS, MÉRIDIEN PRÉSIDENT, TRANSRAIL…

Publié le par guissguiss

ASI, SONATEL, SUNEOR, ICS, MÉRIDIEN PRÉSIDENT, TRANSRAIL… Un « front unitaire » en place pour défendre la souveraineté et le patriotisme économiques

 

Loin du dialogue et des revendications sociales, patronat et syndicalistes se sont unis comme un seul homme pour crier leur amertume face à l’attitude de l’Etat sur les concessions et privatisation. Les jalons d’un « front unitaire » sont posés dans l’optique de défendre un patriotisme économique.

Les organisations patronales et professionnelles ont tenu hier, mardi 21 avril, la première concertation sur la souveraineté et le patriotisme économiques pour partager avec représentants de pouvoirs exécutifs et législatifs, des syndicats de travailleurs, de la société civile… leurs appréhensions et leur vision sur des sujets majeurs qui les préoccupent.

Dans leur propos liminaires, les initiateurs de cette rencontre ont estimé que parler de privatisation, de concessions et de libéralisation, appelle de leur part quatre questions essentielles que sont : « Quels est aujourd’hui le portefeuille de l’Etat ? », « Quelle est la visibilité et la lisibilité de la politique de l’Etat à court, moyen et long terme ? », « Qu’entendons-nous par secteur stratégique ? », « Quelle place l’État accorde t-il aux acteurs socio-économiques nationaux (secteur privé, syndicats de travailleurs, société civile) ? » Pour eux, ces questions se posent aujourd’hui pour la Sonatel, Air Sénégal International, Transrail, DP Word, Sudatel, Suneor, Senelec, ICS, Méridien Président et pour bien d’autres entreprises.

Les organisations patronales et professionnelles estiment que ces interrogations sus citées se posent aussi avec beaucoup plus d’acuité au niveau du secteur bancaire où ils notent une quasi absence du capital national (Etat, secteur privé).

Patronat et syndicalistes sont allés dans le même sens pour fustiger ce qu’ils appellent leur mis à l’écart. Ce qui les empêche de prendre leur place sur les concessions et privatisations.

Le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), Mansour Cama, a fait remarquer que : « au rythme où vont les choses, l’État va en direction du désistement de son portefeuille au profit d’opérateurs étrangers ». M. Cama fait savoir que « le secteur privé national réclame sa place dans toutes ces opérations passées, présents et futures ».

Le Président de l’Unacois-Jappo, M. Idy Thiam a affirmé : « désormais, avant la vente de n’importe quelle action de l’Etat dans une société donnée, nous voulons qu’une concertations soit menée au préalable avec le secteur privé sénégalais ». M. Ibrhima Lô de la même organisation a fait remarquer que : « Le Sénégal est une exception dans le monde concernant le traitement qu’un État réserve à son secteur privé national ». Même son de cloche pour le représentant du Mouvement des entreprises du Sénégal (Mdes). Sur cette lancée, le président du Groupement économique sénégalais (Ges), M. Sonhibou Guèye, pense que « l’indépendance politique sans l’indépendance économique ne veut rien dire ». Il propose ainsi au secteur privé national d’initier une démarche cohérente et proposer une alternative au gouvernement.

Le Président du Conseil national du patronat (Cnp), M. Baïdy Agne pense que cette mobilisation est un constat d’échec du partenariat public-privé. Il estime que si tout allait bien, ce genre de débat devait se tenir dans les années 1969. M. Agne appelle ses homologues à accepter la faiblesse du secteur privé qui, selon lui, s’explique au fait que le travail d’accompagnement qui devait se faire par les autorités n’a pas été fait. C’est ainsi qu’il fait savoir que : « le secteur privé est décidé à faire un front unitaire pour faire face à cette situation ».

Dans cette nouvelle démarche, le patronat n’a pas hésité à tendre la main aux syndicats de travailleurs dont la totalité ayant pris part à cette rencontre a magnifié son engagement à accompagner cette dynamique. Un mouvement que le secrétaire général de la Cnts/Fc, Cheikh Diop qualifie de « prise de conscience collective ». Son homologue de la Cnts, Lamine Fall, Secrétaire général adjoint de ce mouvement syndical fait remarquer que « depuis l’avènement de l’alternance, le Sénégal est transformé en souk parce que tous les produits consommés sont importés ». Il fait remarquer que : « un pays ne peut pas développer sans entreprises ». M. Baïla Sow du syndicat des travailleurs des transports aérien affirme que : « Au Sénégal, on ne fait pas confiance à l’expertise nationale ». Le secrétaire général de la Confédération démocratique des syndicats libres (Cdsl), M. Ibrahima Sarr pense que pour mener à bien cette lutte, « il faut que le patronat soit plus soudé parce qu’on a constaté que le secteur privé a réagi un peu tardivement face à cette situation ».

Même si elles adhèrent pleinement à cette dynamique, les organisations syndicales ne se sont pas retenues de poser certaines conditionnalités allant dans le sens de la prise en compte des préoccupations des travailleurs. Cheikh Diop de la Cnts/Fc pense « les préoccupations des travailleurs doivent être au cœur de cet élan de solidarité ». Il fait ainsi savoir au patronat que « Les travailleurs veulent une entreprises équitable ». Ibrahima Sarr de la Cdsl a parlé de la définition des conditions du partage de fruits si toute fois que le combat serait gagné.

Si M. Serigne Mboup, Président Directeur général du groupe CCBM a proposé la mise en place d’un fond d’investissement par le secteur privé, Mamadou Aïdara Diop, secrétaire général des travailleurs de la Sonatel pense que « tous les acteurs doivent s’accorder pour mettre en place une coalition nationale pour la transparence et la bonne gouvernance ». Ce qui, selon lui, « devrait être une plateforme pour faire rapatrié l’argent que des Sénégalais ont expatrié d’une manière nébuleuse ».

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