DEAL AU SOMMET - Le « Plan de la Présidence »

Publié le par guissguiss

DEAL AU SOMMET - Le « Plan de la Présidence » : Report des élections locales, Idrissa Seck à la Primature et dissolution du Sénat
À quarante jours des élections locales, le parti au pouvoir est à l’image d’un navire qui prend eau de toute part ; le pays également. En conséquence, le scrutin de mars prochain risque fort bien d’être différé. Pour égayer la galerie, comme nous l’annoncions dans ses colonnes, Idrissa Seck se prépare pour retrouver la « station primatoriale » ; contrairement au président du Sénat, Pape Diop, qui prépare ses valises. Le dauphinat de Karim Wade, fils du chef de l’Etat, serait à ces prix.
Le Parti démocratique sénégalais est inquiet ; très inquiet. La coalition « sopi 2009 », qu’il a mise sur orbite pour le scrutin local prévu dans quarante jours, n’a plus la même densité et le même attrait que ses machines électorales des années 2000, 2001, 2002, 2007 et 2008. Il le sait ; son secrétaire général national également.

Un parti sombre, dans un pays sombre
Il a perdu Macky Sall et les proches de celui-ci. Il n’a pas su faire l’unité autour du retour dans le Pds de Idrissa Seck. Pis, en « montant » un dossier contre le président de l’Assemblée nationale, qu’il a destitué au mois de novembre dernier, le parti au pouvoir a commis une seconde bourde ; au moment qu’il ne fallait pas. L’aura de M. Sall monte pendant que le Pds est secoué par les contestations de militants frustrés, et affaibli par l’appétit d’ogres de la « génération du concret », que dirige Karim Wade. Une situation d’un parti politique au pouvoir qui se détériore, à un moment où le Sénégal marque le pas, pour ne pas dire recule, dans bien des secteurs névralgiques. Car, il faut maintenant faire de longues queues pour trouver la bonbonne de gaz ; comme du temps de l’Urss. Ensuite, en dépit de la baisse du baril du pétrole, le prix du transport n’a pas baissé. De par une dette intérieure de plus de cent-soixante quatorze milliards, le régime a aussi asphyxié les entreprises. Également, en dépit des « menaces » de répression de tout « trouble à l’ordre » par le Gouvernement, le front social se réchauffe. Last but not least, l’opposition durcit le ton, et tend vers l’unité. Le tableau est loin d’être complet. Ainsi, confient des sources proches du palais de la République et du Pds, aller dans ces conditions à un scrutin, quelconque, équivaudrait à se faire plus que hara-kiri, politiquement. Ce serait même engager le pays dans « une réelle zone d’incertitude ».

Que faire ? Nos sources de confier que le président de la République envisage, « les prochains jours », de poser un second acte ; après avoir scellé ses retrouvailles avec son fils putatif : Idrissa Seck.

Dialoguer d’abord, compétir ensuite

Le Gouvernement Cheikh Hadjibou Soumaré « n’étant pas à la hauteur », Me Wade envisagerait « plus que jamais » de ramener le prédécesseur de Macky Sall à la Primature. Les avantages d’un tel « remaniement » ministériel : Éloigner les attentions des Sénégalais du « phénomène » Macky Sall, et des conditions de vie de plus en plus précaires. Et, Idrissa Seck sait occuper la galerie ; par ses discours et ses « sourates ». Il agitera également des projets, dont le plus ardu sera de travailler à renouer les files du dialogue entre le pouvoir et l’opposition. C’est la banquise entre les deux blocs, depuis l’élection présidentielle de février 2007. Grand joueur de Yoyo, il a su avoir pied dans les deux camps. C’est d’ailleurs ce « besoin de dialogue, qui prévaut sur tout scrutin », qui sera le prétexte pour différer les élections locales. Une seconde fois. Et la brèche a été ouverte par l’opposition, qui l’a refermée en catimini : elle n’a pas pu déposer sur l’ensemble du territoire ses listes de candidatures ; la coalition « sopi 2009 » également. Le chef de l’Etat tendra la perche qui sera rejetée par … « orgueil ». Mais, pourquoi aller à un combat pour lequel personne n’est prêt ?

Nos sources sont même d’avis que les religieux seront mis à contribution pour « dépassionner » les débats. Le report des élections devrait, selon nos sources, engendrer la dissolution des collectivités locales, qui seront confiées à des délégations spéciales…

Rassurer les bailleurs et partenaires

Le « plan de la Présidence » comprend également un autre volet : démontrer aux bailleurs de fonds et aux partenaires du Sénégal, très remontés contre le Gouvernement du fait de la dette intérieure qui plombe l’initiative privée, sa bonne foi. Ainsi, il y aurait de « très fortes chances » de voir le Sénat dissous. Il a été jugé « coûteux et inopportun » par l’opposition et les partenaires au développement. Mettre fin au service de Pape Diop, serait donc apaiser la colère des uns et des autres. Les manœuvres reprennent donc, autrement. D’ailleurs, de l’avis de nos interlocuteurs, la nouvelle mission confiée à l’Anoci de reconstruire la route nationale n° 1 est « un signal fort », pour dire que les locales ne seront pas pour le mois de mars prochain. Il s’y ajoute que Karim ne serait pas « fin prêt » pour postuler à la succession de son père.

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