Wade voulait organiser les funérailles d’Aminata Tall et Awa Diop »

Publié le par guissguiss

Moustapha DIAKHATE (Ex-inspecteur général du Pds) : Wade voulait organiser les funérailles politiques d’Aminata Tall et Awa Diop

Connu pour sa liberté de ton, Moustapha Diakhaté qui a démissionné récemment de son poste d’inspecteur général du Pds, à cause ‘des forfaitures notées lors du placement des cartes et des investitures’, ne s’en est pas arrêté là. L’initiateur du courant ‘Taxawu Sopi’ a, en outre, décidé de briguer le suffrage des Dakarois aux élections locales de mars. Mais, cette candidature, M. Diakhaté veut la faire porter par une autre formation politique que le Pds dont il situe les responsabilités des uns et des autres dans son ‘état de déliquescence’. Entretien.

Wal Fadjri : Vous avez été parmi les libéraux retenus par Abdoulaye Wade pour réfléchir et proposer un schéma organisationnel du Pds. Où en êtes-vous avec cette réforme ?

Moustapha Diakhaté : Depuis 2001, je ne cesse d’attirer l’attention des responsables du Pds, notamment le secrétaire général national, sur les problèmes qui affectent le bon fonctionnement du parti et réduisent, par conséquent, les bases de sa performance. En 2002/2003, je lui avais remis un document de 11 pages relatif aux réformes à porter. J’ai continué sur la même lancé jusqu’à ce qu’il a, tout récemment, lors d’un comité directeur, décidé de mettre en place une commission présidée par Babacar Gaye et composée de Modou Diagne Fada, Alioune Cissé et moi-même. La commission avait pour tâche de faire la synthèse de l’ensemble des propositions que le secrétaire général a reçues des militants et responsables pour lui proposer un schéma organisationnel fonctionnel. Ce document est presque fini, il ne reste qu’à faire quelques retouches. Nous attendons une occasion pour nous réunir et le lui remettre. Parce que c’est une évidence que le Pds ne se porte pas bien et le président de la République lui-même en est conscient. D’ailleurs, il a eu à reconnaître que le Pds est informel. Or on ne peut pas être un parti performant et surtout majoritaire à l’Assemblée nationale, au Sénat, etc, et continuer dans l’informel.

Wal Fadjri : Ces propositions ont-elles trait à la réorganisation interne du Pds ou à la création d’un grand parti, comme l’avait annoncé le chef de l’Etat ?

Moustapha Diakhaté : Il y a ces deux niveaux. Effectivement, Wade avait parlé de la création d’un grand parti. Dans cet ordre d’idées, il a été mis en place une commission qui avait réfléchi sur les statuts et le règlement intérieur qui devaient accueillir le grand parti. Cette commission était composée du Pr Iba Der Thiam, d’Ablaye Faye, de Mame Moussé Diop, de moi-même etc. Nous avions, à l’époque, réévalué le règlement intérieur actuel et fait une proposition de statut et de règlement intérieur. Mais après avoir déposé les conclusions, il n’y a pas eu de suite. A la limite, je me demandais si le secrétaire général national avait le souci de moderniser le parti et de créer une grande force politique qui puisse remplir correctement sa mission.

Ce travail a été fait et c’est plus tard qu’on est revenu encore pour parler de commission de réflexion. Or, pour moi, ce qui a été déjà fait par notre commission est bon. Il fallait le partager avec les responsables et militants pour recueillir leur amendement, avant de mettre en place un document définitif. En réalité, il ne suffit pas seulement de moderniser le Pds. Mais il nous faut ouvrir nos portes et nos fenêtres pour que tous les partis politiques qui partagent nos valeurs, nos principes et idéaux puissent se fondre dans le Pds, et qu’on ait une grande force politique. Je suis favorable à la création de ce grand parti politique, mais que ça soit un parti démocratique et non un parti du secrétaire général national et pour le secrétaire général national. Ce grand parti doit être celui des militants, de tous les Sénégalais.

La floraison des partis politiques est un handicap pour la démocratie sénégalaise. Une démocratie a besoin de trois à quatre forces politiques auxquelles les Sénégalais peuvent s’identifier. Si nous le faisons, la démocratie va y gagner et le dialogue politique aussi, parce qu’il est plus facile de discuter à quatre qu’avec 150 partis politiques.

Wal Fadjri : Cette proposition a fait l’objet de débat. Vos détracteurs n’ont-ils pas eu raison de vous accuser d’être la voix de votre parti ?

Moustapha Diakhaté : C’est vrai qu’ils ont pensé que c’est le Pds qui voulait créer un coup fourré. Alors que j’ai parlé en toute liberté, je n’ai consulté personne pour exprimer mon opinion. Mon constat est qu’avec 150 partis politiques, la démocratie sénégalaise risque d’avoir des lendemains difficiles. C’est pourquoi j’ai estimé que trois à quatre grandes forces politiques suffisent. Seulement, cela ne pourra pas se faire par la contrainte, mais en allant aux élections, nous pouvons permettre aux Sénégalais de choisir des forces politiques représentatives. Malheureusement, l’existence des coalitions va encore rendre plus difficile l’assainissement de l’espace démocratique par une réduction considérable du nombre des partis politiques, de centrales syndicales. Pour ce qui est des syndicats, qu’un petit pays comme le Sénégal, avec peu travailleurs salariés, ait dix-sept centrales syndicales, cela n’a pas de sens. C’est pourquoi des efforts doivent être entrepris pour qu’on ait des centrales syndicales représentatives qui puissent engager un dialogue sérieux avec les pouvoirs publics et le secteur privé. Le résultat sera un climat politique et social apaisé. Parce que l’objectif que nous avons tous (politiques comme syndicats) de faire du Sénégal un pays émergent, ne peut pas se concrétiser dans la cacophonie de la multitude. Malheureusement, c’est ce que nous avons et cela handicape les bases de performance de la démocratie sénégalaise.

Wal Fadjri : A propos du Pds, vous parlez d’ouverture alors que certains de ses responsables lui tournent le dos. N’est-ce pas paradoxal ?

Moustapha Diakhaté : C’est bien sûr un paradoxe qu’au moment où le secrétaire général national lance l’idée d’un grand parti politique, des groupes s’organisent pour faire partir d’autres. Cela n’a pas de sens. Mieux, la question de fond, c’est que nous devons faire de nos partis politiques des espaces de liberté. C’est-à-dire permettre à des gens, qui peuvent avoir des désaccords de fond, de rester ensemble dans la même formation politique. Il y a quelques années, Balladur, bien que membre du Rpr, était candidat face à Chirac, fondateur de ce parti. Et jamais cela n’a créé l’implosion du Rpr. Il faut admettre qu’on peut être en désaccord sans pour autant être des ennemis. Ce qui est arrivé avec les cas Macky Sall et Idrissa Seck, c’est faute de règles de coexistence dans le parti.

Mais le problème le plus fondamental, c’est la question de la dévolution du pouvoir et des responsabilités. Au Pds, à ce jour, seul Abdoulaye Wade donne des pouvoirs et des responsabilités à qui il veut. A partir de ce moment, si vous êtes en conflit avec Abdoulaye Wade, vous quittez. C’est cette séquence que nous devons fermer. Nous devons, désormais, faire du Pds un parti des militants. C’est cet objectif autour duquel nous devons nous mobiliser parce qu’aussi longtemps que la dévolution des pouvoirs et des responsabilités n’est pas démocratisée, il y aura toujours des cassures. Or, il est insensé de vouloir créer un grand parti tout en laissant des pans entiers le quitter.

Wal Fadjri : Cela figure-t-il dans vos propositions pour un nouveau schéma organisationnel ?

Moustapha Diakhaté : Le schéma organisationnel et fonctionnel que nous proposons va permettre au parti d’être la constante et non son leader. Parce que, quelles que soient les qualités d’Abdoulaye Wade, il ne sera pas l’éternel secrétaire général du Pds. D’ailleurs, il souhaite que le parti puisse exister même s’il se retire la scène politique. Je ne pense pas qu’il ait l’ambition de voir le Pds connaître le même sort que le Pdci/Rda qui a implosé après son fondateur Houphouët Boigny. Pour y arriver, il nous faut mettre en place des règles claires qui puissent régler, une fois pour toute, la question de la dévolution des pouvoirs et des responsabilités, dans la transparence, en mettant l’accent sur le mérite militant. Parce qu’en démocratie, le seul critère de dévolution des pouvoirs et des responsabilités doit être le choix des militants. Ainsi, nous allons proposer qu’un militant ne puisse accéder à des postes de responsabilités que s’il bénéficie de la confiance de la base. Si nous allons dans ce sens, on pourra trouver les mécanismes nous permettant, tout en gérant les contradictions à l’interne, de les encadrer de manière efficace.

‘Le Pds est resté ce qu’il a toujours été depuis 1974, c’est-à-dire un parti d’Abdoulaye Wade et pour Abdoulaye Wade. Avec ce scénario, l’avenir risque d’être difficile’.

Wal Fadjri : Pour le moment, le Pds ne semble pas aller dans ce sens et nous sommes à quelques mois des élections locales. Peut-il s’en sortir dans ces conditions ?

Moustapha Diakhaté : L’avenir du Pds s’assombrit. Je vous ai parlé de la première commission qui a été créée et qui avait fait un bon travail. On nous a aussi chargé de faire un travail que nous avons fait avec toute la rigueur nécessaire. Mais jusqu’à ce jour, je n’ai pas perçu de signaux venant du secrétaire général national qui montrent qu’il veut aller dans le sens d’une modernisation du Parti, d’une démocratisation de la dévolution des pouvoirs et des responsabilités dans le parti. En somme, je ne le vois pas travailler à faire du Pds un parti des militants, un parti des Sénégalais. Malheureusement, le Pds est resté ce qu’il a toujours été depuis 1974, c’est-à-dire un parti d’Abdoulaye Wade et pour Abdoulaye Wade. Avec ce scénario, l’avenir risque d’être difficile.

Pour ce qui est des élections locales, j’ai deux lectures. D’abord, l’état de désorganisation et les conditions dans lesquelles vont s’opérer les investitures risquent de nous conduire à l’abattoir. Ensuite, d’une manière générale, les offres aussi bien du Pds que de l’opposition sont en deçà des attentes des Sénégalais pour une meilleure gestion des collectivités locales. Je regrette que les collectivités soient des agences de recasement et de gestion de la clientèle politique et non des instruments au service des populations.

Wal Fadjri : Votre constat a-t-il un rapport avec le choix porté sur certains responsables libéraux pour en faire des superviseurs des investitures ?

Moustapha Diakhaté : Absolument parce que le Pds n’a pas renouvelé ses structures et instances nationales de direction depuis bientôt dix ans. Par conséquent, les responsables qui seront investis, ne le seront que sur une base de copinage et de parrainage. En effet, aucun d’eux ne dispose d’une légitimité conférée par des renouvellements des structures de base et des instances nationales de direction. Et ceux qui n’ont pas de place dans les parrainages ou qui ne partagent pas les bilans de ces collectivités locales gérées par le Pds, risquent de chercher ailleurs. Ce qui sera une menace lourde pour l’unité du Pds.

Wal Fadjri : Vous ne semblez pas d’accord avec le choix des superviseurs. Mais, être superviseur ne signifie pas être investi ?

Moustapha Diakhaté : Cela fait partie des raisons qui m’ont poussé à démissionner de mon poste d’inspecteur. Le parti a mis en place des commissions de supervision des investitures. Mais quand vous regardez ces commissions, vous constaterez qu’elles sont présidées par des hommes et femmes qui sont intéressés par leur propre investiture. Alors, comment quelqu’un peut superviser sa propre investiture et la faire dans l’équité et la transparence ? Cela pose problème. Les superviseurs ne doivent pas être intéressés par les investitures. Malheureusement, c’est ce qui existe au Pds. Ainsi celui qui est placé à la tête de la commission, fera tout pour investir ses partisans. Et c’est pour qu’en cas de victoire, il puisse rempiler sans même présenter un bilan justifiant sa reconduction à la tête de la collectivité locale.

A ce niveau, on a violé les dispositions et même la pratique politique au Pds parce que, jamais, on n’avait jusqu’ici mis en place des commissions de supervision avec à leur tête des responsables qui sont intéressés par leur propre investiture dans la localité où ils officient. En général, on prenait des responsables qu’on affecte dans des localités où ils n’ont pas des intérêts directs. Parce que superviser, c’est observer la régularité, la transparence, c’est faire de sorte que les investitures puissent refléter l’état réel du parti. Ce qui est difficile lorsqu’on est intéressé.

Ce sont les responsables du parti qui ont créé cette situation. Car depuis 2000, on avait suffisamment de temps pour vendre les cartes, monter les sections, les sous-sections, les fédérations et conventions régionales. Mais ils ne l’ont pas fait et on attend maintenant pour nous reconduire les mêmes équipes rurales, municipales ou régionale.. C’est une erreur monumentale et mon regret, c’est de constater que le secrétaire général national semble cautionner cette forfaiture.

Wal Fadjri : Et vous qui n’êtes pas d’accord, que comptez-vous faire ?

Moustapha Diakhaté : J’entends briguer le suffrage des Dakarois pour être au moins conseiller municipal de la ville de Dakar et conseiller de la région de Dakar. Ma candidature, j’ai décidé de la faire porter par une autre formation politique que le Pds.

Wal Fadjri : Laquelle ?

Moustapha Diakhaté : Je ne peux pas le dire pour le moment, mais ce qui est clair, c’est que je le ferai en dehors du Pds. Parce que je ne partage pas les conditions d’investitures et le bilan de la gestion des collectivités locales de la région et de la ville de Dakar. Par conséquent, il n’est pas question pour moi de figurer sur une liste pour la défendre.

Wal Fadjri : Vous l’avez dit, c’est l’une des raisons de votre démission de votre poste d’inspecteur du Pds. Mais y en a-t-il d’autres ?

Moustapha Diakhaté : J’ai senti, à un moment donné, que j’étais un inspecteur inutile. Parce que je n’avais pas les moyens juridiques, matériels et humains pour faire mon travail. J’ai été nommé le 9 juin ; quatre jours plus tard, j’ai écrit au secrétaire général national pour lui proposer un schéma organisationnel, fonctionnel, stratégique et une équipe pour assurer l’inspection générale du parti sur l’ensemble du territoire national. Mais du 13 juin au 2 janvier, je n’ai pas reçu de réponse de sa part. Il m’a dit qu’ils sont en train de faire des enquêtes. Cette réponse ne m’a pas satisfait parce qu’en sept mois, on a tout le temps pour enquêter sur une vingtaine de personnes. J’ai le sentiment qu’on m’avait mis un traquenard entre les pieds pour me faire taire ou me compromettre. Or je ne peux pas accepter d’être victime d’une situation que je n’ai pas créée et entretenue.

L’état de déliquescence dans lequel se trouve le Pds est du ressort de la direction du parti et notamment de son secrétaire général national. Me mettre dans une dynamique qui, demain, va me décrédibiliser, je ne l’accepterai pas. Parce que quand on parlera de cette situation, dans les années à venir, on dira que Moustapha Diakhaté était l’inspecteur du parti et il a laissé faire. Or comme on dit souvent, qui ne dit rien consent. Ne consentant pas ce qui est en train d’être fait, j’ai préféré me retirer. Je me suis rendu compte que je n’avais qu’un titre, sans aucune possibilité de faire quoi que ce soit. Lors du Comité directeur, le secrétaire général national m’a interpellé sur le placement des cartes et les investitures. Je lui ai présenté mes observations mais à la longue, je me suis rendu compte qu’il avait pris fait et cause pour les forfaitures qui ont été notées çà et là.

‘Abdoulaye Wade voulait organiser les funérailles politiques d’Aminata Tall et d’Awa Diop. C’est inadmissible bien qu’il soit vrai que la fédération des femmes ne fonctionnait pas bien’.

Wal Fadjri : A propos des dissensions que connaît votre parti, il y a le cas Aminata Tall qu’on n’entend plus depuis sa démission de la tête du Mouvement des femmes de votre parti. Qu’est-elle devenue ?

Moustapha Diakhaté : Quand le secrétaire général national avait rencontré des supposées femmes cadres et avait annoncé son intention de mettre en place une commission qui serait dirigée par Awa Ndiaye, à la limite, il voulait organiser les funérailles politiques d’Aminata Tall et d’Awa Diop. C’est inadmissible, bien qu’il soit vrai que la fédération des femmes ne fonctionnait pas bien. C’était au secrétaire général national de leur donner des termes de références précises pour la relance de la fédération des femmes. Mais substituer Awa Ndiaye à Aminata Tall et Awa Diop serait une erreur politique fatale pour le Pds. Parce que ces femmes (Aminata Tall et Awa Diop) ont beaucoup perdu pour le Pds, elles ont donné leur vie pour ce parti, elles ne méritent donc pas d’être jetées à la poubelle. On doit les aider à travailler davantage pour faire de la fédération des femmes un des piliers essentiels du Pds. C’est pourquoi j’avais demandé aux femmes de refuser le parachutage au sommet. Mais le projet a été mis au frigo.

Tous les responsables qui sont victimes de ces pratiques, doivent sortir de leur torpeur et oser affronter la réalité. Savoir que s’ils ne se battent pas, ils seront tous ensevelis comme beaucoup d’autres l’ont été. Il y a une mécanique de braconnage du parti et nous ne devons pas nous laisser faire.

Wal Fadjri : La cohabitation avec la ‘Génération du concret’ n’est-elle pas à l’origine du cas Aminata Tall et aussi du départ de Macky Sall ?

Moustapha Diakhaté : On peut le penser parce que, depuis quelque temps, il y a des signaux assez forts d’un groupe organisé autour de Karim Wade qui est décidé à engager une Opa (faire main basse, Ndlr) sur le Pds et cela mérite réflexion. Je considère la ‘Génération du concret’ comme une structure qui affaiblit le Pds.

Wal Fadjri : Comment ?

Moustapha Diakhaté : Parce qu’au Pds, lorsqu’on est militant ou responsable, on a trois obligations envers le parti. Obligation de travail à la consolidation du parti, à son élargissement et sa victoire. Or en créant une entité à côté du Pds, tout en prenant ses responsables, la ‘Génération du concret’ ne consolide pas et n’élargit pas le parti. Mieux, en capturant les probables sympathisants du Pds, il ne l’élargit pas. Voilà pourquoi je considère que cette structure mène un braconnage du Pds. Parce que sa démarche affaiblit les bases du Pds et le conduit à la disparition. Mais ce qui est important, c’est que le Pds et ses militants ont un droit imprescriptible sur l’héritage politique d’Abdoulaye Wade. Rien par rapport à sa succession à la tête du parti et du pays, ne doit se faire en dehors du Pds.

Wal Fadjri : Comment appréciez-vous les récentes modifications apportées à certains articles du Code électoral ?

Moustapha Diakhaté : Avant même de parler de la Cedeao, quand vous lisez la Constitution, il est dit que les partis politiques concourent au suffrage des Sénégalais. Cela veut dire que l’élection est une affaire de parti politique, rien ne doit être fait sans une large concertation avec les partis politiques. Cela doit être une règle même si les modifications n’auront pas trop d’effet sur la régularité et la transparence des élections. Ce que je regrette, c’est qu’on ait modifié et réformé pendant toutes ces années, mais jamais ces réformes ne vont dans le sens d’une amélioration de la démocratie sénégalaise. Ce qui doit surtout être modifié, c’est l’hyper présidentialisme du chef de l’Etat. Aujourd’hui, le président de la République concentre tous les pouvoirs et toutes les institutions sont ses vassales. C’est ça que nous devons réformer et non procéder à des ‘réformettes’ qui répondent à des impératifs électoralistes. Ce qui s’est passé le 19 mars 2000 n’est rien d’autre qu’une volonté de basculer dans la modernité, dans la transparence. Les Sénégalais ont voulu enterrer, une fois pour toute, quarante ans de concussion, de népotisme, de violation systématique de la Constitution. Malheureusement, sur beaucoup d’aspects, le Pds n’a pu faire mieux que le Ps.

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