Gendarmes et jeunes ‘’ s’affrontent ’’ à Kédougou

Publié le par guissguiss

Gendarmes et jeunes ‘’ s’affrontent ’’ à Kédougou : Un match de football pour semer la paix
D’abord une attitude sereine, de gendarmes et de jeunes de Kédougou : observer, ensemble, une minute de silence pour se souvenir du jeune Sina Sidibé, disparu le 23 décembre dernier, à Kédougou. Ensuite, une compétition fraternelle de football dont le but est de semer la paix. Résultat final : une victoire pour tout le monde. Au service de la paix...

(Kédougou) - Une belle passe partie du milieu de terrain. Amorti de la poitrine par un joueur, le ballon circule sur le côté gauche. Bien amené par l’ailier qui déborde, le ballon part sur un centre et est repris par un attaquant de pointe qui ne se gêne pas à le mettre au fond des filets.

Le premier but est presque libérateur de l’enthousiasme et de l’énergie des « Blancs ». Eux, forment l’équipe de football des jeunes de Kédougou constituée par l’Association des jeunes et élèves de la ville (Ajeek). Les « Bleus » sont les gendarmes de la Lgi, dépêchés dans la ville depuis le 23 décembre dernier. Cet après-midi de vendredi, dans ce stade en plein air, le ballon de football roule pour la paix. Cette ville vient de vivre des évènements malheureux qui, il y a dix jours, ont perturbé cette partie du pays. Aujourd’hui, les jeunes veulent conjuguer tout cela au passé. Aussi n’ont-ils pas cherché loin pour semer la paix : « nous voulons le faire avec les forces de l’ordre », explique Assane Cissé, membre de l’association. Un symbole.

Côté gendarme, on ne dit pas non à une telle initiative. « La Gendarmerie n’est pas là en ennemie. Nous n’avons pas le droit de refuser cette invitation. Notre mission de service public est de défendre les personnes et les biens. Ce match de football, c’est pour nous la fraternité. Nous espérons que les jeunes expliqueront aux populations que les raisons de notre présence ne sont rien d’être que la protection des personnes et des biens », déclare le Mdl Sagna.

Faisant en même temps office d’entraîneur de l’équipe des « Bleus », Sagna n’est pas le seul à encourager les joueurs. Sur le banc de touche, ils sont nombreux les gendarmes, assis en groupes, à assurer l’animation. Danses, cris, applaudissements. Ils ne se gênent pas non plus pour pousser leurs collègues et amis à redoubler d’efforts.

Du côté des jeunes de Kédougou, c’est le même scénario : une musique à fond, des applaudissements incessants, de petits pas de danse. Chacun veut donner son idée, demandant aux joueurs de faire preuve d’une meilleure maîtrise, de se replacer et d’être davantage solidaire. Bakary Keita de l’Ajeek explique que « l’initiative permet de rapprocher forces de l’ordre et jeunes, après les évènements malheureux qui se sont passés. Certains regardaient les forces de l’ordre avec un œil peu fraternel. A partir de ce match de football, nous voulons nous rapprocher davantage d’elles ».

Mamadou Cissé, jeune et travailleur dans une radio communautaire locale, est le préposé au micro. Il est chargé de faire le reportage en direct, à partir d’une forte sonorisation.

Une minute de silence a été observée à la mémoire du jeune Sina Sidibé. Le deuxième but inscrit, le stade explose. Cette poussée d’enthousiasme grossit quand, au début de la deuxième mi-temps, l’équipe des gendarmes réduit le score. Ces derniers accentuent la mobilisation et les encouragements.

Mais c’était sans compter avec la détermination des « Blancs » qui ont su mettre en place une équipe homogène et entreprenante. Résultat : un troisième et un quatrième buts en faveur des jeunes de Kédougou. Ce sera tout pour ce match dont les 22 acteurs et les spectateurs sont tous des artisans de la paix. Ce samedi, ils promettent de se retrouver en soirée pour une autre animation. Toujours au service de la paix.

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