L’ASSEMBLEE A VOTE LA RESOLUTION

Publié le par guissguiss

Macky Sall, le désormais ex-président de l’Assemblée nationale a été débarqué par 112 voix dont 13 procurations hier, dimanche 9 novembre sur les coups de 17 heures. La séance plénière démarrée le matin à 11 heures pour voter la résolution mettant fin à ses fonctions de président de la chambre (basse ou haute ?) du Parlement s’en est donc acquittée à la majorité de ses élus.

 

 

Qui sera le huitième président de l’Assemblée nationale ? Nul ne le sait encore même si les couloirs de l’hémicycle de la place Soweto bruissent et sont même saturés par les rumeurs, désignant un fuyant et changeant successeur à Macky Sall, débarqué hier dimanche 9 novembre par ses « frères » et non moins collègues députés. Plusieurs noms sont avancés parmi lesquels, ceux du 1er vice-président, le Pr. Iba Der Thiam, d’Abdou Fall, le 3e vice-président ou encore ceux de l’ancien ministre de l’Habitat, Salif Bâ de Kaolack, de Ndiawar Touré de Rufisque, de l’autre ancien ministre de l’Urbanisme, Assane Diagne, du questeur Lamine Thiam sur ses 31 hier, de l’absente de taille d’hier, la mairesse de Diourbel, l’égérie du Parti démocratique sénégalais (Pds) Aminata Tall. La liste n’est pas exhaustive, mais elle reste simplement spéculative en attendant que la « seule constante » ne désigne depuis son palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor le remplaçant. Ainsi va la démocratie sous l’ère « alternance ».

La séance plénière d’hier assurément historique a été est présidée par l’historien Iba Der Thiam en présence de 130 députés. L’immaculée blancheur de son caftan détonnait cependant d’avec l’objet de la rencontre qui visait ni plus, ni moins à la « mise à mort » de celui dont le chef de son parti a décidé de quereller, Macky Sall. Cinquante-cinq députés au total se sont inscrits pour le débat de fond sur la résolution. Les questions de « forme » ont pollué dès l’entame, la séance plénière qui a débuté sur une querelle de procédure. C’est ainsi que les députés non-inscrits, Ndèye Fatou Touré de la Coalition Tekki et Mbaye Niang du Mouvement de la réforme pour le développement social (Mrds) ont demandé au président de séance de rendre public la liste des 99 signataires de la résolution.

Un avis nullement partagé par le député Abdoulaye Babou de la Coalition Sopi, arguant que ces derniers n’étaient pas présents à la commission des lois. Le président de séance avec un souci certainement de transparence tranchant le débat sur la question a demandé aux députés et journalistes qui voulaient consulter la liste des signataires de se rapprocher du secrétaire général de l’Assemblée nationale, Mme Joséphine. Il a même procédé tout bonnement à la lecture de la liste des 99 signataires pour que nul n’en ignore.

Macky contre Wade

Les questions de formes évacuées, on pouvait commencer les « choses sérieuses ». Premier à prendre la parole : Mbaye Ndiaye le désormais ex-maire des Parcelles Assainies. Il fustige le « complot » de ses frères. Selon lui, « les arguments développés pour destituer Macky Sall ne tiennent pas la route. Ils sont même fallacieux, préparés à la dernière minute. Ils n’honorent pas l’Assemblée nationale et la démocratie sénégalaise ». Mbaye Ndiaye plaide même pour un retour à la norme, « une fois que vous aurez fini d’avoir gain de cause. De grâce restituer à l’Assemblée nationale sa dignité. Il faut respecter la sacralité de la Constitution. Revenez à l’orthodoxie » dit-il en substance à ses frères et collègues. Ils seront une vingtaine à emboucher la même trompette.

Le jeune député Djiby Sarr de la coalition Sopi raillera même la devise du Pds : « dignité, fraternité, justice » en déclarant qu’il s’agit là d’une « drôle de fraternité ». Mettant les pieds dans le plat, il clamera que « c’est simplement le président de la République qui dit vouloir récupérer sa chose que vous vous êtes mis à concocter ce plan de destitution ». Une sortie confortée par celle de Amadou Gallo Ndiaye de Louga qui a affirmé péremptoire : « c’est Wade qui octroie à chacun d’entre nous la position qu’il occupe. S’il nous le réclame, nous devons nous exécuter sans hésitation ».

Ce n’est point l’avis de Fatou Diouf, la présidente du mouvement départemental des femmes libérales de Fatick. « Je ne reconnais plus le Pds. Je ne reconnais plus mon parti. Le peuple nous regarde et nous jugera. Je ne voterais pas cette résolution parce que je suis une digne fille du Sine et aujourd’hui, le Sine a mal. » La majorité opposera à tous ces arguments les siens propres que le rapporteur de la commission des lois, Seydou Diouf a résumé. « Il est manifeste de l’avis de certains commissaires que le président de l’Assemblée nationale est aujourd’hui en rupture de ban avec la majorité parlementaire qui l’avait élu ». Il est même reproché dans son texte à Macky Sall sa récente sortie à la Voix de l’Amérique que « des commissaires ont qualifiée de propos injurieux… »

La première liste épuisée sur les coups de 17 heures, le député Abdoulaye Babou invoque l’article 72 du règlement intérieur (curieux retournement des choses, lui qui s’en prenait au procédé quand il était de l’autre côté de la barrière) pour passer directement au vote. Une majorité servant à quelque chose, on vota.112 députés parmi lesquels 13 personnes qui ont voté par procuration, constituant une majorité plus qu’écrasante contre 21 élus du peuple dont l’un vota par procuration également.Ils décidèrent ainsi de donner suite favorable à la « requête éminemment politique » pour reprendre les mots de Thierno Lô, portée par la résolution mettant fin aux fonctions de M. Macky Sall en qualité de président de l’Assemblée nationale du Sénégal. La cause était entendue.

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