« Les Sénégalais sont fatigués, fauchés et fâchés »

Publié le par guissguiss

OUSMANE TANOR DIENG A LA CELEBRATION DES 60 ANS DU PS « Les Sénégalais sont fatigués, fauchés et fâchés »
Pendant quatre jours, notamment du mardi 28 octobre au samedi 1er Novembre dernier, la ville de Kaolack a été transformée en bastion du Parti socialiste (Ps). Ce parti qui célèbre ses 60 ans d’existence sur la scène politique Sénégalaise et Africaine de manière générale a ainsi polarisé les attentions autour de ses activités commémoratives. Celles-ci ont été a été marquées de fortes mobilisations.

Cette manifestation a été pour le parti de l’ancien président, Léopold Sédar Senghor une occasion pour remobiliser les troupes, redorer le blason de cette formation politique dans le Saloum. Son leader, Ousmane Tanor Dieng a encore passé en revue la situation « dramatique et chaotique » du pays tout en décochant à volonté des flèches contre le régime libéral.

Le Parti socialiste (Ps) a renoué avec la mobilisation dans le Saloum (Kaolack). La célébration de son 60e anniversaire a été pour lui une aubaine pour redonner de la vie à ce parti qui depuis 2000 est presque anesthésié. Les militants socialistes sont sortis de partout, des différentes localités de cette région pour communier et commémorer l’appel du 31 octobre 1948 lancé par Léopold Sédar Senghor et portant sur les fonts baptismaux le Bloc démocratique Sénégalais (Bds) devenu aujourd’hui Parti socialiste (Ps) du Sénégal. Cet anniversaire a surtout servi de prétexte au bureau politique pour remobiliser et renforcer les bases du parti dans cette localité où les socialistes et sympathisants ont massivement convergé vers la capitale du bassin arachidier.

Devant cette forte affluence, le Secrétaire général du Ps, Ousmane Tanor Dieng a recadré le sens de la manifestation. Pour cet anniversaire revêt un triple enjeu. Il a cité d’abord l’enjeu idéologique qui a, selon lui, conduit les organisateurs à procéder par eux-mêmes à un exercice d’adaptation de leur message politique au contexte du moment. Ensuite l’enjeu intellectuel pour avoir ouvert un espace de réflexion et de dialogue entre les socialistes eux-mêmes d’abord et avec les autres acteurs politiques engagés.

Et Enfin, a-t-il relaté, le défi politique du 60e anniversaire ayant permis, au-delà de la forte mobilisation du parti et de la détermination des militants, à mieux situer les urgences et proposer des solutions. Le chef de file des socialistes a estimé que « ces enjeux sont ressortis du forum organisé samedi autour du thème « le parti socialiste de 1948 à nos jours », s’inscrivant dans le cadre du thème central axé sur ’’la pensée des pères fondateurs et les mutations de notre époque ».

A pareil moment, Ousmane Tanor Dieng ne pouvait se priver de passer en revue la situation politique et socioéconomique nationale. Il a dénoncé avec véhémence « la situation désastreuse et chaotique qui sévit aujourd’hui au Sénégal » avant d’appeler le peuple sénégalais à la mobilisation pour « bouter Wade et son pouvoir dehors, loin des cadres décisifs de ce pays ». Le leader du Ps est convaincu que « cette bataille là, est une bataille populaire et nationale ».

Le successeur de Léopold Sédar Senghor et de Abdou Diouf à la tête de ce parti est d’avis que « la situation de notre pays est désastreuse, le mal vivre de nos concitoyens est profond et les Sénégalais sont fauchés, fatigués et fâchés ». Pour lui, « ils sont fauchés par un coût de la vie insoutenable que n’arrivent plus à supporter les faibles revenus des ménages.

Le riz coûte cher, le lait coûte cher, le sucre coûte cher, l’huile coûte cher, en un mot comme en mille, tout coûte cher au Sénégal. Les prix des denrées et produits de consommation courante prennent l’ascenseur alors que les revenus des Sénégalais restent bloqués au rez-de-chaussée ». Evoquant la situation des paysans, il a indiqué que « non seulement Abdoulaye Wade a l’indécence de tenter de s’approprier les mérites de leur travail et les résultats d’une bonne pluviométrie que le Bon Dieu a gratifié notre pays, mais il les nargue en célébrant à coup de centaines de millions de FCFA une fête d’une GOANA qui reste, aux yeux des véritables paysans, une chimère ».

Ousmane Tanor Dieng a, aussi, fait savoir que les citoyens sont « fatigués de ne pouvoir se nourrir correctement, fatigués de ne pouvoir se soigner à cause de structures sanitaires agonisantes, fatigués d’une école sénégalaise en lambeaux qui ne peut satisfaire, dans des conditions minimales, le droit à l’éducation pour leurs enfants. Fatigués par les arriérés de paiement de l’Etat aux entreprises, opérateurs économiques et personnes physiques ».

Il a, dans la foulée, souligné que « les Sénégalais sont fâchés contre Abdoulaye Wade, son Gouvernement, son Parti et ses souteneurs, en d’autres mots contre la gouvernance nocive du régime libéral, incapable de trouver des solutions à leurs problèmes lancinants et urgents de survie quotidienne ». Ils sont également, selon lui, « fâchés contre le régime d’Abdoulaye Wade qui les nargue avec un train de vie dispendieux et insolent des gouvernants et des promesses mirifiques, qui a vidé les caisses de l’Etat et qui veut brader les bijoux de famille, qui ne les respecte même pas en essayant, tous les jours, de leur faire prendre des vessies pour des lanternes au moyen d’une propagande éhontée… »

Le secrétaire général du Ps a, de ce fait, mis en garde le pouvoir des conséquences qui peuvent découler de ces mauvaises humeurs du peuple. « Fauchés, fatigués et fâchés, les Sénégalais sont en passe de devenir furieux si on en juge par les récentes émeutes contre la hausse des prix des denrées de consommation courante et contre le rationnement de l’électricité. Et gare à un peuple furieux ! », avertit-il.

Ousmane Tanor Dieng s’est, en outre, félicité des conclusions, commentaires et suggestions des sages et des conférenciers, soulignant toutefois la nécessité de poursuivre la réflexion au débat posé et renvoyant aux enjeux énoncés.

Amath Dansokho, Aly Aïdar, Souleymane Ndiaye Brin, Madiyena Diouf (au nom de Moustapha Niasse) et Mapathé Bâ, représentant Abdoulaye Bathily, tous du Front du Siggil Sénégal, ainsi qu’une délégation de l’internationale socialiste, ont également assisté au meeting de clôture de ce 60-ème anniversaire du Parti socialiste.

Le secrétaire général du PS a prédit que le 70-ème anniversaire devrait retrouver le parti au pouvoir qu’il a détenu de 1960 à 2000


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