SIDYA NDIAYE , « La corruption a gangrené le mouvement syndical »

Publié le par guissguiss

Le « peu d’empressement » des centrales syndicales face à la détérioration des conditions de vie des populations sénégalaises en proie à une hausse généralisée des denrées de consommation courante a fait vertement sortir de sa réserve Sidya Ndiaye, le premier responsable de la Fédération générale des travailleurs du Sénégal. Pour le syndicaliste qui a avoué en effet ne pas comprendre « le calme des Intersyndicales face aux pires difficultés » vécues par les populations à travers « le renchérissement des prix des denrées de première nécessité »., la corruption a gangrené le mouvement syndical.

Pour Sidya Ndiaye qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse donnée récemment à Richard-Toll, en marge d’une tournée de sensibilisation et de mobilisation de sa base, cette attitude défaitiste des organisations syndicales, incapables de se mobiliser pour prendre en charge de manière efficace les aspirations des populations en général et des travailleurs en particulier, risque de nuire à l’avenir du syndicalisme.

« Si les syndicats n’arrivent plus à régler les problèmes des travailleurs, autant ne pas y adhérer », a ainsi estimé le chef de la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts) qui a indiqué en outre qu’une telle attitude de défiance pourrait rapidement gagner certains travailleurs qui ont confié leur destin à des syndicats où ils cotisent chaque mois sans que ceux-ci ne puissent apporter un contrepoids à la spirale vertigineuse de dégradation de leurs conditions de vie et de travail.

Sidya Ndiaye s’est montré de ce fait très circonspect face à la léthargie des deux intersyndicales de travailleurs dont il interpelle directement les dirigeants sur le retard accusé pour le redémarrage des négociations avec le Gouvernement. Bien que des sessions de concertations tripartites Etat-patronat-syndicats avaient été diligentées au cours des mois passés pour réfléchir sur des questions clés comme la baisse de la fiscalité sur les salaires, la hausse des salaires dans le privé, la baisse des denrées de première nécessité ou autre réactualisation de la Convention collective des journalistes, les résultats n’avaient malheureusement pas reçu l’agrément des organisations syndicales.

Celles-ci avaient ouvertement récusé l’assiette des 06 milliards de Fcfa proposés par les pouvoirs publics pour réduire la fiscalité sur les salaires tout en fustigeant le « dilatoire » supposé des employeurs, lesquels avaient exigé prioritairement de l’Etat, avant toute signature d’un protocole d’accord, la résorption de la dette intérieure et la réduction du taux de la CFCE.

Se montrant par ailleurs très remonté contre les dirigeants syndicaux, Sidya Ndiaye a affirmé au cours de sa conférence de presse que la promesse faite aux syndicats d’ouvrir des centrales d’achat est comme une sorte d’épée de Damoclès suspendue sur la tête des responsables syndicaux.

Pour la bonne et simple raison, a dit le chef de la Fgts, que « certains ne veulent rien dire au risque de perdre le milliard promu à cet effet ». Dans cette veine, M. Ndiaye a déploré avec virulence « la connexion de certains leaders syndicaux » avec l’Etat. Tout fait qui ne saurait contribuer qu’à aliéner les libertés desdits leaders, peu disposés alors à défendre les intérêts moraux et matériels de leurs mandants. « Actuellement, les responsables de ces syndicats se préparent à mener une guerre interne pour la succession de Racine Sy dont le mandat arrive à terme à l’Ipres’’, a affirmé pour conclure Sidya Ndiaye pour qui un syndicat n’a pas pour vocation de se positionner pour des postes ou pour participer à des séminaires.

Publié dans Société

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