SUCCESSION DE MACKY SALL : La Generation du Concret et Pape Diop placent leurs pions

Publié le par guissguiss

SUCCESSION DE MACKY SALL : La Generation du Concret et Pape Diop placent leurs pions SUCCESSION DE MACKY SALL : Le Perchoir entre Salif Bâ, Fada et Lamine Thiam  
 
Les libéraux ne tiennent pas compte de l’adage qui recommande de s’abstenir de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Alors qu’ils n’ont pas encore mené à terme l’opération de renversement de Macky Sall, ils en sont déjà aux manœuvres pour la désignation de son successeur. Et la déception risque d’être au bout de l’effort pour beaucoup de ceux qui prendront part à la mise à mort du maire de Fatick.    
 
S’ils s’entendent sur le renversement de Macky Sall du Perchoir, les grands chefs libéraux sont loin de l’être en ce qui concerne le choix de son successeur. Ainsi, trois noms « parrainés » circulent depuis quelques jours, et le futur patron de l’Assemblée nationale devrait être l’un d’eux. Il s’agit de l’ancien ministre Salif Bâ, député de Kaolack, de Modou Diagne Fada, également ancien ministre, entré en disgrâce dans le cadre de la « déseckisation », au point d’avoir participé aux dernières élections législatives sur une liste concurrente à celle du Pds, et enfin Lamine Thiam, l’actuel questeur de l’Assemblée nationale, élu de Kébémer ; terroir du président Wade, dont M Thiam est d’ailleurs le neveu. Salif Bâ, parrainé par Pape Diop, le président du Sénat, était bien parti pour prendre la place de Macky Sall. Un handicap pour lui : ses récents démêlés avec la justice.

Pour sa part, l’ancien ministre de la Construction se heurtera à une concurrence de taille : Modou Diagne Fada, parrainé par Karim Wade, qui apparaît ainsi comme le candidat de la « Génération du concret ». L’entrée en scène du fils du président de la République en faveur de Fada semble avoir sérieusement hypothéqué les chances de Salif Bâ, et aujourd’hui, le libéral de Darou Mousty, élu à l’Assemblée nationale sous les couleurs du « Waar wi », semble en pôle-position. Le cas Fada ne manque cependant pas de poser quelques problèmes. D’abord, certains proches de Me Wade estiment qu’il serait « illogique de faire tomber Macky Sall pour délit d’ambitions, et de promouvoir Diagne Fada dont les ambitions sont caractéristiques ». Ces mêmes libéraux estiment que ce serait une erreur monumentale de confier le Perchoir à l’enfant de Darou Mousty, eu égard à l’usage qu’il pourrait faire de cette position stratégique. En plus, le choix de Fada pour présider l’Assemblée pourrait se heurter à l’hostilité des députés libéraux, quand on sait qu’il avait quitté le parti et a participé aux élections législatives sous ses propres couleurs, son retour au Pds n’ayant été effectué que récemment. « Ce serait une injustice grave contre ceux qui avaient porté les couleurs du Pds lors des élections législatives, et particulièrement les députés du département de Kébémer tels que Lamine Thiam, Thierno Lô et autres. Car, pendant que ceux qui sont restés fidèles et loyaux vis-à-vis du président Wade, Fada avait défié celui-ci au point de se faire exclure. Le promouvoir dans ces conditions à la tête de l’Assemblée, ce serait cautionner la marque de mépris la plus grave qu’on puisse afficher à tous les députés du Pds », commente un responsable libéral ; qui s’empresse d’exprimer son manque d’illusion. « Me Wade, de toute façon, ne se soucie pas trop des états d’âme des autres. Si son fils veut mettre Fada, Wade avalisera en sachant que les députés voteront la tête baissée ».

Les objections agitées sur la candidature de Fada ont d’ailleurs favorisé l’émergence d’une autre candidature : celle du questeur Lamine Thiam. Les défenseurs de cette candidature expliquent qu’elle présente l’avantage de maintenir le poste à Kébémer, domaine de la famille présidentielle, tout en promouvant un militant constant et discipliné. Il faut dire que M Thiam semble bien apprécié dans la famille libérale. Les partisans de Macky Sall que nous avons approchés, reconnaissent eux-mêmes que c’est un militant méritant, et ayant le profil de l’emploi. Toutefois, un choix sur le questeur n’agréerait certainement pas son adversaire à la base, Modou Diagne Fada, qu’on voit en première ligne depuis le début de cette seconde offensive contre Macky Sall. Ce serait une véritable ironie du sort que Fada mène la liquidation de Sall, et que cette liquidation assure une promotion politique de cette importance à son irréductible adversaire à la base. Mais avec les libéraux, on peut s’attendre à tout.


Auteur: Moustapha Sow 

Publié dans Politique

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