Cote d'.Ivoire, 19 sept 2002 - 19 sept 2008: Le jour où tout bascula

Publié le par guissguiss

Le jour où tout bascula

Qu’est ce qu’une rébellion? Beaucoup d’Ivoiriens se montreraient incapables d’apporter une réponse claire et précise à cette colle. Mais depuis un certain 19 septembre 2002, tout habitant de la Côte d’Ivoire, en a une idée.

C’est que ce jour-là, plutôt que d’être réveillés par leurs horloges réglées pour la circonstance où par la cloche des églises ou les appels du muezzin appelant à la prière, les Abidjanais et les habitants de certaines villes de l’intérieur du pays l’ont été par des coups de canon et des tirs. Et comme depuis décembre 1999, les Ivoiriens étaient habitués à ce genre de choses, les plus optimistes ont pensé qu’il ne s’agissait encore que de ces nombreuses sautes d’humeur des militaires. Mais, la suite des événements laisse entrevoir que les choses sont sérieuses. La Radio RFI annonce des morts en cascade, de personnalités et non des moindres.

Le ministre Emile Boga Doudou alors ministre de l’intérieur et quasi numéro deux du régime FPI, l’ancien chef de la toute aussi ancienne junte militaire au pouvoir en 2000, le Général Robert Guéi. Et bien d’autres personnes. Ceux que l’on a d’abord présentés comme des mutins, sont, dans un premier temps, sans visages. « Ce sont des étrangers qui sont venus nous attaqués» ont dit plusieurs personnes. La première apparition dans les medias d’un homme très barbu a achevé de convaincre ceux qui le pensaient que les insurgés étaient des étrangers. Au fil du temps, l’épais brouillard qui couvrait ce mystère s’est dissipé.

Et l’on a pu se rendre compte qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que d’anciens militaires ivoiriens exilés juste au Burkina Faso qui ont décidé de rentrer dans leur propre pays, comme l’a précisé dans les colonnes du quotidien français ‘’Libération’’ le sergent Chérif Ousmane en 2002. Avec aussi l’apparition d’un certain Guillaume Soro, ancien secrétaire général de la Fesci, qui a été désigné comme le secrétaire général du mouvement. Quelques jours plus tard, le mouvement s’empare des villes comme Bouaké, et tout le nord du pays. Les soldats qui revendiquent la prise de ces villes, soutiennent qu’ils sont membres d’une association dénommée ; ‘’Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI)’’.

Ils exigent dans un premier temps, le départ de Gbagbo du pouvoir et soutiennent qu’ils ont pris les armes pour rétablir la dignité de l’Ivoirien. En novembre 2002, soit deux mois seulement après, un autre soulèvement se signale du côté de l’ouest. Presque toutes les villes de cette partie du pays sont aux mains des soldats insurgés. Ces derniers se baptisent ‘’Mouvement populaire ivoirien du grand ouest, (MPIGO)’’et ‘’Mouvement pour la Justice et la paix (MJP). Et affirment être venus venger la mort de l ‘ancien chef de la junte. Mais cette fois, les soldats loyalistes ne veulent pas s’en laisser conter. Ils reprennent certaines villes qui auparavant avaient été enlevées par les rebelles. Dont Duékoué, Guiglo, Bloléquin, etc.

Les choses en étaient là lorsqu’intervient un cessez-le-feu entre les deux protagonistes. Depuis lors, le pays est coupé en deux. Les rebelles affirment contrôler plus de 60% du territoire. Tandis que Laurent Gbagbo dit qu’il en contrôle la partie utile. Alors question ; qu’est ce qu’une rébellion? Chacun en a une idée à présent. Au moins.

Publié dans Afrique

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