Le Joola:les familles des victimes se range derrière le juge français

Publié le par guissguiss

NEUF MANDATS D’ARRËTS INTERNATIONAUX CONTRE DES AUTORITéS DANS LE CADRE DU NAUFRAGE DU JOOLA : L’association des familles des victimes se range derrière le juge français

 «Nous sommes en phase avec le juge français qui a lancé ces neuf mandants d’arrêts contre des autorités sénégalaises qui occupaient des postes de responsabilités au moment du naufrage du bateau le joola le 26 septembre 2002 » a déclaré le coordonnateur régional de l’association des familles des victimes du joola de Thiès, M. Cheikhna Keita dans un entretien qu’il nous a accordé. En sa qualité de deuxième vice-président de l’association nationale, M. Keita a tenu à préciser qu’il parle au nom de toutes les familles victimes du Sénégal.   
«Nous allons apporter notre soutien au juge français », a poursuivi le deuxième vice-président de l’association nationale. En effet, pour ce dernier, la responsabilité de l’état est engagée dans le naufrage par le biais de l’ancien Premier ministre Mame Madior Boye, M. Youssouf Sakho ministre des transport d’alors, Youba Sambou ministre des forces armées en même temps responsable politique à Ziguinchor ainsi que le général Babacar Gaye chef d’état-major des armées au moment du drame. Pour l’ancien Premier ministre, M. Keita a situé ses responsabilités quand elle avait été informée à travers une note confidentielle par des techniciens, l’annonçant que le bateau n’était pas dans de bonnes dispositions pour faire la navette entre Dakar et Ziguinchor.
Toujours selon M. Keita, Mame Madior Boye aurait caché la note à qui de droit pour des raisons politiques. Pour le ministre des transport d’alors, sa responsabilité est engagée, selon le deuxième vice-président de l’association nationale, parce qu’on lui avait demandé de changer les deux moteurs défectueux du bateau. En lieu et place, il a fait du colmatage et lui-même, toujours selon M.Keita, avait déclaré lors du voyage inaugural Dakar-Ziguinchor que l’un des moteurs ne fonctionnait pas normalement. Lors du voyage retour qui a vu le bateau chavirer aux larges des côtes gambiennes, ces autorités qui étaient dans le bateau, ont préféré emprunter les airs pour retourner à Dakar.
Une coïncidence que le coordonnateur de l’association régionale des familles des victimes de Thiès ne s’explique pas. Quant au ministre des forces armées, M. Cheikhna Keita dira qu’il a usé de ses pouvoirs pour intimer l’ordre au commandant Diarra par le biais du colonel Kombo qui commandait la marine, d’effectuer le retour sur Dakar alors que ce dernier, du fait des problèmes techniques notés avec l’un des moteurs, avait pris la décision d’annuler le voyage. Et tout cela, a-t-il poursuivi, à cause des pressions politiques. Pour la responsabilité du général Gaye, alors chef d’état-major des armée, il a n’a pas voulu apporter une aide aux personnes qui étaient en danger puisque dès les premières heures du naufrage il a été informé pour qu’il intervienne auprès de l’armée française pour des secours.

Ce qu’il avait négligé préférant se rendre à St-Louis le lendemain pour installer un colonel à Bango. Toute chose qui pousse Cheikhna Keita à reconnaître la négligence de ces autorités et la légitimité des mandats d’arrêts. Par ailleurs, il a déploré la dérobade de la justice sénégalaise qui, à travers le procureur de la république d’alors, avait situé la responsabilité entièrement sur le dos du commandant Diarra à cause de la surcharge du bateau. Face à tout cela et pour que la vérité jaillisse, le coordonnateur de l’association des victimes du joola de Thiès a demandé au chef de l’état de renflouer le bateau et de respecter ses engagements vis-à-vis de la fondation du Joola.

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