Gorgui, Tais-toi !

Publié le par CRIDEM

Le président Wade a surpris, en partie seulement, le camps démocratique par son appui implicite à l’action des généraux du 06 Août 2008. Il a même par l’occasion vivement critiqué le président Sidi en le rendant responsable de son triste sort. Si cette absence de solidarité démocratique n’honore pas le vieux président sénégalais, elle est néanmoins très prévisible.
Il faut dire que l’homme a pris la cynique habitude de critiquer ses collègues africains, de préférence après leur départ de leur fonction. Une attitude peu courageuse certes, mais le lion, de la Téranga, a vieilli. Le grand intellectuel, militant des droits civiles, s’est transformé avec l’aide des temps à un Cheikh arabe dirigeant son pays comme une tribu africaine.
La très brillante démocratie sénégalaise, jadis modèle en Afrique, en a sérieusement empatit. De l’emprisonnement des ses opposants aux menaces à l’encontre des magistrats, tout les syndrome de la dictature ont, en effet, réapparu dans le pays sous le règne Wade.

Le clan familial a largement débordé sur l’espace publique. L’enrichissement rapide et spectaculaire de certains membres de la famille du président est à lui seul révélateur de la profonde déception des intellectuels sénégalais, majoritairement compagnons de longue date de l’ancien président du PDS dans sa marche au sommet. L’ascension du fils, comme prince héritier, fait penser étrangement à des situations déjà vues dans des pays peu enviables comme la Corée du Nord et la Syrie.

Ce fils qui a officiellement ses entrées aux châteaux, de tous les monarques arabes, comme le représentant officiel de son père de président. Sans parler de sa fille à papa, dont les hobbies sportifs coûtent aux contribuables sénégalais pas moins de l’équivalent du budget de la lutte contre le paludisme. La fille dont on dit qu’elle est liée, par je ne sais quoi, à notre Rockefeller national, raison de plus de s’offusquer de ce positionnement presque familiale.

Il n’est secret pour personne, surtout pas pour nous Mauritaniens, que le vieux ne tient aujourd’hui que grâce à ses alliances avec les confréries religieuses, premières réserves électorales au Sénégal. La rupture avec la classe moyenne instruite et politisée est telle que sans ces alliances permissives, Gorgui ( vieux en wolof) ne reste pas un jour supplémentaire dans le palais du Plateau. Ce qui est , en fin de compte, en échec cuisant pour un ancien socialiste qui se prétend militant de l’émancipation citoyenne.

Dans notre environnement régionale, un seul homme est habilité à parler ou à donner des leçons sur la situation en Mauritanie. Cet homme a délivré son pays de la dictature en le mettant sur les rails de la démocratie et le progrès. J’ai nommé ATT. Pour les autres, ils savent bien ce qui leur reste à faire. Au nom de la déception des forces progressistes africaines et mauritaniennes, monsieur le président Wade on vous supplie de se taire une fois pour toute. Alors, Gorgui : tais toi!!!
(CRIDEM)

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