l'Aéroport international Blaise Diagne (Aibd). Que de révélations !

Publié le par guissguiss

 Le Colonel Oumar Ndiaye nous amène au cœur de l'Aéroport international Blaise Diagne (Aibd). Que de révélations !

 Selon lui : « Pour les grands travaux de Maître Abdoulaye Wade, l'équipe d'experts financiers autour de Karim et de l'APIX avait imaginé l'utilisation du financement par contrat BOT (Built, Operate and Transfert), avec un opérateur privé, disposant d'une concession sur une période suffisante d'amortissement, qui Construit, Exploite et Transfert (CET). C'est ainsi qu'une loi fut spécialement votée le 13 Février 2004 pour constituer le cadre légal des contrats de type CET. Malheureusement, les investisseurs ne se sont pas bousculés pour la réalisation des projets de Wade, ni pour l'autoroute à péage, ni pour l‘aéroport international de Ndiass. L'Etat, par la volonté de Wade s'engagea dans les travaux de la première phase de réalisation de l'autoroute grâce aux milliards obtenus dans des emprunts obligataires successifs et des fonds issus du budget d'investissement et de l'apport des bailleurs ». A en croire à l'ancien directeur général de la Lonase et animateur du blog cité plus haut : « Selon les circonstances, le projet est estimé à 280 ou à 200 milliards de francs CFA. La phase Dakar- Pikine de plus de 12 km sera entièrement réalisée par l'Etat ; la 2ème phase d'un peu plus de 20 km sera réalisée dans un partenariat public-privé que l'Etat tente de susciter. Le schéma dessiné à priori par l'APIX prévoit une participation privée à hauteur de 40 % du financement pour un montant de 47 milliards de francs. En tout cas, le Directeur de la Banque Mondiale au Sénégal aurait adressé le 16 juin 2008 une lettre au FMI pour les convaincre à aider le Sénégal à lever des fonds auprès d'une banque internationale à un taux non concessionnel. D'ailleurs, un appel d'offres pour la sélection d'un opérateur serait lancé depuis le 2 Avril 2007 et sa désignation se terminerait vers la fin de l'année 2008 ». Et de déclarer : « Voilà une drôle de concession, que l'on va offrir pour 25 ans à des privés qui n'auraient décaissé que moins de 20% d'un projet au coût global avoisinant les 280 milliards. Dans le cas d'espèce la logique économique voudrait que l'Etat finançât la totalité de l'opération et confiât ensuite la gestion à un opérateur qui lui verserait une substantielle redevance, tout en assurant à l'infrastructure un entretien et une maintenance adéquats pendant la durée de la concession. Ceci d'autant plus que c'est l'Etat du Sénégal qui devrait assister les partenaires privés à trouver des fonds dont il garantirait par ailleurs le remboursement intégral ».

« Libéralisme de type Alternance »

Toujours selon le Colonel Oumar Ndiaye : « Le libéralisme' de type « Alternance » encourage l'enrichissement d'amis bien choisis dans des cas où l'Etat aurait pris tous les risques et supporté le fardeau financier le plus lourd. Ici il n'ya point de CET et le partenaire privé ne devrait être qu'un gestionnaire choisi sur la base de sa capacité technique et le niveau de son offre financière compensatrice. (…) Dans son justificatif de projet, l'APIX notait que le développement du Sénégal à l'horizon 2020 commandait d'avoir un aéroport aux normes internationales, qui nécessitait, si l'on voulait garder celui de Yoff, un investissement de 210 milliards de francs CFA, et que dans tous les cas, l'emprise actuelle de 800 hectares de l'aéroport Léopold Sédar Senghor était loin du besoin d'extension se situant à 2600 hectares. L'agence concluait qu'il était plus pertinent de construire un nouvel aéroport dont le coût était estimé à seulement 173 milliards de francs. Lorsque l'option de construire un aéroport fut arrêtée sur la base de cet argumentaire, le projet bizarrement fut réévalué à 2oo milliards. Pour le financement, l'APIX a retenu l'action de l'Etat par emprunt obligataire ou bancaire, garanti par la Redevance de Développement des Infrastructures Aéroportuaires (RDIA) et pour l'exploitation, la sélection par appel d'offres d'un gestionnaire privé de classe internationale. (...) Lorsqu'il s'est agi d'emprunter pour la réalisation de l'aéroport, le projet grimpa à 235 milliards. Cette façon cavalière d'estimer cette activité montre encore une fois le peu de sérieux et la légèreté des pseudo-spécialistes qui gèrent cette affaire. Le montant réel des projets n'a aucune importance, le chiffre retenu dans chaque version dépendant exclusivement de la thèse à défendre ». (…) En contrepartie, des dépenses qu'elle s'engage à faire, en exécution de la convention, la SG est autorisée à percevoir toutes les redevances à l'exclusion de la RDIA et de celle revenant à l'ASECNA ».

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