L’Afrique encore à la traîne

Publié le par guissguiss

L’Afrique encore à la traîne

Le Sénégal, à l’instar des pays africains, traîne les pieds pour bénéficier des potentialités qu’offre le marché du carbone. Une tendance qui serait inversable par le binôme banque-secteur privé pour développer des investissements dans le secteur des technologies adoptées. Encore que la rentabilité d’un tel secteur devrait être un gage d’assurance pour les entreprises, grandes émettrices de gaz à effet de serre. La participation africaine dans le marché de carbone est l’une des plus faibles au monde. Estimée à hauteur de 3%, elle est insignifiante par rapport aux parts de l’Asie qui est de 64% et 32% pour l’Amérique Latine. Aux yeux du ministre d’État, Madické Niang, venu représenter le ministre de l’Environnement à la première foire africaine du marché carbone ouvert depuis ce mardi 3 septembre à Dakar, « il est regrettable qu’au moment pour d’autres régions, les projets enregistrés au titre du Mécanisme de développement propre (Mdp) avoisinent 745 en Asie alors que l’Afrique n’en comptabilise que 27 ».

Sur cette lancée, Bakary Kanté du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (Pnue), a ajouté que sur les 27 projets africains, il n’y a que 11 qui sont effectifs. Pour le Sénégal, malgré la série de formations organisées pour le renforcement de capacité des acteurs du secteur privé et de l’administration et ayant permis la formation de 23 experts en projet Mdp dans les secteurs de l’énergie, de la foresterie avec un portefeuille d’environ 25 projets du Mécanisme, seul le projet d’utilisation de lampe à basse consommation d’énergie que l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (Aser) a développée, en partenariat avec la Banque mondiale, a été citée dans le cadre de ce mécanisme.

A en croire, le ministre d’État, ministre de la justice, « d’autres projets du Sénégal sont en cour et seront bientôt soumis à enregistrement au niveau du conseil exécutif du Mdp notamment le projet de récupération de métal dans la décharge de Mbeubeuss, celui de la Sococim pour l’utilisation des graines de jatropha et le projet sous-régional d’hydro-électricité ». Et fait savoir que : « aujourd’hui, plus de trois mille projets équivalant à 2,7 milliards de tonnes de carbones sont enregistrés au niveau de l’organe de suivi du Mdp ».

Un appel du pied aux banques et au secteur privé

Pour un changement de posture, le représentant du ministre de l’Energie pense que « le secteur financier doit accompagner le secteur privé dans l’identification et la mise en œuvre des projets éligibles au Mécanisme de développement propre ». Ce qui, d’après Madické Niang, « constituera un engagement fort à contribuer résolument aux objectifs de développement durable ».

Pour donner le ton, la Banque d’investissement et développement de la Cedeao vient d’instituer un fonds africain des biocarburants et des énergies renouvelables. Selon M. Madické Niang, « ce Fonds permettra de renforcer le portefeuille de projets africains au niveau du conseil exécutif pour les Mdp ». Pour lui, « si l’Afrique veut réussir sa propre participation dans une dynamique de réduction des émissions de gaz à effet de serre, lutter contre les changements climatiques et bénéficier pleinement du Mdp, il est nécessaire que le partenariat avec le secteur privé soit renforcé et que ce dernier s’implique d’avantage au côté des gouvernements ».

Avant de reconnaître, cependant, que l’engagement dans ce mécanisme pourrait représenter des contraintes pour le secteur privé compte tenu de la complexité du mécanisme. Il pense ainsi : « qu’il faudrait également que les opérateurs économiques soient convaincus que les investissements dans les technologies respectueuses de l’environnement et des projets de mis en œuvre du Mdp peuvent entraîner des réductions de leur consommation en matière première, en énergie ainsi que leurs déchets. Ce qui signifie de bons investissements pouvant être rentabilisé dans les meilleurs délais ».

Par la suite, il a fait croire que « ces projets ont investi des retombés favorables à la lutte contre la pauvreté et le développement durable ». Réitérant la volonté du Programme des Nations Unies pour l’Environnement à aider le Sénégal à obtenir d’autres projets dans le mécanisme, Bakary Kanté a concédé que : « la mise en œuvre du Mdp n’aurait de sens que s’il permet à l’Afrique de résoudre la double équation qui se présente à elle dont : comment faire de sorte que ces énormes potentialités énergétiques soient exploitées et cela dans un cadre du développement propre ».

Pour Yvo de Boer, représentant du Secrétariat de la Convention sur les changements climatiques (Unfcc), « l’Afrique a besoin de plans pour la réduction des émissions à effets de serre afin de rendre perceptible la croissance observée au niveau de certains pays ». Selon lui, l’un des problèmes majeurs c’est que les investissements dans ce secteur ont tendance à suivre les investissements directs étrangers ».

Pour donner plus d’espoir aux pays africains, le représentant de la Banque mondiale, Konrad Von Ritter, qui prône le rapprochement du marché du carbone au développement durable, a annoncé que l’institution financière qu’il est venu représenter, va mettre en place de nouveaux mécanismes de financement dans ce sens. Henry Derwent de l’Ieta, quant à lui, a beaucoup insisté sur le rôle que doivent jouer les gouvernements pour amener les privés à investir dans le secteur du carbone.

par Bakary DABO

Publié dans Economie

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