TENSIONS POUVOIR/ OPPOSITION/ PRESSE :

Publié le par guissguiss

TENSIONS POUVOIR/ OPPOSITION/ PRESSE : Souleymane Bachir Diagne (Philosophe) met en garde contre " une guerre des tranchées "

Le professeur de Philosophie Souleymane Bachir Diagne qui enseigne à l’Université de Columbia qualifie les crispations du pouvoir contre les Assises nationales d’"infantiles". Se prononçant sur les Assises sur les ondes de la Radio futur média (Rfm), il estime que le pouvoir en place navigue à contre-courant d’une tendance mondialement observée.

En effet, argumente le philosophe sénégalais classé en 2005 dans le top 25 des plus grands penseurs au monde par le journal français Nouvel Observateur, "gouverner aujourd’hui, c’est gouverner ensemble". Et d’ajouter, "si le suffrage universel détermine le rôle entre pouvoir et opposition dans tous les pays du monde on s’accorde sur l’art de gouverner ensemble". Souleymane Bachir Diagne veut bien prendre les Etats-Unis en exemple où la compétition pré-électorale fait rage entre les deux candidats à la Maison Blanche Obama et MCcain qui s’évertuent à " démontrer qui est le mieux à travailler de manière non partisane" et donc de façon "transversale". Pour lui, "l’art de gouverner se confond avec l’ouverture et non le cloisonnement".

Fort de ce constat, le professeur Diagne considère que "les assises nationales devraient être une occasion pour se donner des orientations et des directives communes". Aussi, se désole-t-il de la position du pouvoir qui pourrait mener à une "guerre des tranchées". Une attitude d’autant plus regrettable que selon l’état de ses informations, "les Assises nationales ne sont pas dirigées contre le pouvoir".

Le professeur Bachir Diagne a aussi exprimé son regret face à la tension continue entre la presse et le pouvoir. "C’est totalement regrettable et affligeant", a-t-il insisté. La situation est très inquiétante au vue de la tournure que prend le bras de fer avec notamment la violence, les convocations tout azimut de journalistes devant la justice. Et surtout la mise en cause de personnes appartenant au pouvoir. "Quand on lit ces choses-là, on a comme l’impression que ce n’est pas du Sénégal dont on parle. C’est une très mauvaise presse pour notre pays", regrette-t-il.

Souleymane Bachir Diagne est un produit des classes préparatoires (Hypokhâgne et Khâgne) du lycée Louis-le-Grand de Paris, après un baccalauréat Série S (scientifique) obtenu avec la mention Très-Bien. Il y prépare le concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS), tout en passant une licence et une maîtrise de philosophie à l’université de La Sorbonne.

Reçu à l’ESN de la rue d’Ulm, il y est l’élève de Louis Althusser et de Jacques Derrida. En 1978, il passe l’agrégation et atterrit pour une année à l’université de Harvard dans le cadre d’un programme d’échanges. Quatre ans plus tard, il soutient sa thèse de doctorat de troisième cycle de mathématique à La Sorbonne en 1982, suivie d’une thèse de doctorat d’État en 1988 dans le même établissement sous la direction de Jean-Toussaint Desanti, sur le thème : "Philosophie symbolique et algèbre de logique. Les lois de la pensée de George Boole". Le professeur Diagne est considéré comme l’un des plus grands philosophes et logiciens au monde. Il enseigne aux Etats-Unis depuis une dizaine d’années.

Publié dans Société

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