le plus gros scandale du Sénégal »

Publié le par guissguiss

RETOUR SUR L’ECHEC DU PROGRAMME MCA - Abdou Latif Coulibaly : « c’est le plus gros scandale du Sénégal »

 

La perte par notre pays du financement de 600 millards par les Etats-Unis dans le cadre du projet Millénium challenge account suscite la curiosité et la colère du journaliste Abdou Latif Coulibaly qui considère que c’est là "le plus gros scandale du Sénégal". Le journaliste a exprimé cette opinion à l’émission "Remue-ménage" au micro d’Alassane Samba Diop.

Selon Abdoulatif Coulibaly, « le plus gros scandale du Sénégal c’est la perte des 600 milliards que devait bénéficier gratuitement notre pays dans le cadre du Millénium challenge account ». Si les raisons de cet échec n’ont pas jusqu’à ici spécifiées, il faut retenir qu’au moment où certains pays recevaient leur financement, le Sénégal traînait les pieds à la mise en place de projet, a dénoncé Abdoulatif Coulibaly.

Ensuite, le Président de la République a laissé entendre qu’il avait un projet beaucoup plus important que la création de plateforme de Diamniadio. Au même moment, des pays comme le Mali, techniquement moins outillé que le Sénégal, bénéficiait de la manne financière américaine (près de 250 milliards Cfa). De même que le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana, pour ne citer que ces pays.

Pour rappel le Congrès américain a adopté une loi portant création du Millénium challenge account (Mca) ; un projet qui a pour objectif d’apporter de l’aide pour favoriser la croissance économique et l’éradication de l’extrême pauvreté tout en renforçant la bonne gouvernance, la liberté économique et l’investissement. Quinze (15) pays étaient éligibles à ce projet dont le Sénégal qui devait bénéficier d’un financement de 600 milliards. Le budget total autorisé par le Sénat américain est de 12,9 milliards de dollars. Mais notre pays a vu ce projet lui filer entre les mains.

Pourtant en 2004 déjà, les techniciens sénégalais avaient concocté le projet d’érection de la nouvelle Plateforme de Diamnadio avec force détails, publicité sur les bénéfices pour le pays. Le projet visait à créer, à 35 km de Dakar, un nouveau pôle économique et industriel de 2.500 ha au Sénégal. Un milliard de dollars (près de 500 milliards de francs Cfa en prenant compte de la baisse du dollars) d’investissement en provenance du secteur privé américain devait permettre la création de 45.000 emplois directs.

Mais contre toute attente, juste avant la présidentielle, le 6 février 2007 précisément, alors que les médias et les partis politiques de l’opposition étaient occupés à battre campagne, un projet de loi instaurant une Zone économique spéciale (Zes) était soumis à l’attention des députés qui l’ont voté, et fait passer comme lettre à la poste. On ne sait pas grand-chose de la Zone économique spéciale (Zes) sinon que la loi la créant (loi 2007-16) a été votée en même temps que celle transformant l’Agence pour la promotion de l’investissement et des grands travaux (Apix) en société anonyme. Et que la Zes, d’après les explications du Directeur technique de l’Agence de mise en œuvre de la Plateforme du Millénaire de Diamniadio, Abdoul Aziz Guèye dans les colonnes de L’Observateur « est conçue pour favoriser l’émergence d’un environnement d’excellence pour l’entreprise, incluant une fiscalité incitative et égalitaire entre investisseurs nationaux et étrangers, des infrastructures de qualité, une régulation, une administration et une gestion opérationnelle répondant aux meilleurs standards internationaux".

Et d’ajouter : "le but est de positionner le Sénégal comme un pôle privilégié pour les investisseurs permettant d’accélérer son développement économique, d’augmenter son niveau de vie, de développer les opportunités d’emplois et de réduire la pauvreté". Il s’agit d’une zone d’environ 10 000 hectares, avait ajouté Abdoul Aziz Guèye qui ; à l’en croire, "comprend initialement les terrains identifiés et délimités de la manière suivante : au nord : la Plateforme du Millénaire de Diamniadio, la Route nationale 1 et l’aéroport international « Blaise Diagne ». A l’Est, la ligne reliant le sommet sud-est de l’aéroport international « Blaise Diagne » au croisement de la route nationale 1 et la route de Popenguine, au sud, la route de Popenguine et à l’ouest : le village de Popenguine, l’océan atlantique et la route de Yenne Todd-Ndoukhoura ouoloff ». Seulement depuis juin 2007, date à laquelle l’interveiw a été réalisée dans les colonnes de L’Obs, plus personne n’évoque ce projet qui avait fait l’objet de beaucoup de bruits, au moment de son vote par les députés.

En tout état de cause, le journaliste écrivain considère que les autorités actuelles devraient répondre devant l’histoire. Et justement, il estime que c’est pour éviter cela qu’elles cherchent à protéger leurs arrières qu’elles cherchent à se réfugier derrière "La Génération du concret" qui, selon Abdoulatif Coulibaly ne saurait mobiliser aucun sénégalais sérieux.

Publié dans Economie

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