Karim Wade a loué les services de Kroll pour retrouver la famille...

Publié le par guissguiss

Patrick Baptendier, un ancien gendarme, lance un pavé en forme de livre dans la mare des officines de renseignement, et aimerait bien que tout le système soit éclaboussé. Le système dans lequel il s’est plongé jusqu’au cou après avoir passé 22 ans dans la gendarmerie, et qui lui vaut aujourd’hui d’avoir passé quelques mois en détention préventive et de bientôt devoir subir un procès dans les règles. Auquel il risque de se retrouver bien seul, ce qui le chagrine énormément… Alors s’il doit tomber, autant que toutes les responsabilités soient recherchées, les siennes comme celles des autres, commanditaires et services officiels. « Il faut que de nouvelles enquêtes administratives ou judiciaires soient lancées », assène-t-il.

Comme Bakchich l’a raconté, Baptendier, poursuivi par la juge de Versailles Magali Tabareau pour avoir utilisé les fichiers de la police et revendu des informations confidentielles, raconte dans son livre, Allez-y, on vous couvre ! Un barbouze au service de l’État (éditions du Panama), comment ses petits trafics étaient couverts par le contre-espionnage, c’est-à-dire la DST. Traditionnellement, une division de ce service, aujourd’hui fusionné avec les RG, surveille l’activité des agences privées de renseignement, susceptibles de déstabiliser les intérêts économiques ou politiques français. Baptendier, oeuvrant pour de vraies centrales comme Kroll ou Geos, ayant pignon sur rue et bénéficiant d’énormes moyens, intéressait particulièrement les contre-espions : grâce à lui, la DST était à même de savoir sur quoi ces officines travaillaient…

Les agences de renseignement sont très recherchées en Afrique, et les élites au pouvoir n’hésitent pas à commanditer des enquêtes sur les opposants gênants. Ce fut le cas pour les hiérarques sénégalais. Karim Wade, le fils du président du Sénégal, avait mandaté Kroll pour des investigations relatives à Idrissa Seck, l’ancien Premier ministre emprisonné à Dakar depuis juillet 2005 (il sera libéré en février 2006), et à sa famille, qui résidait alors en France. Encore une fois, le contre-espionnage [français]est informé en direct.

Source : Bakchich

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