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Publié le par guissguiss

LES LIBERAUX DE FRANCE / CONTRE-OFFENSIVE - Redoutant la portée des Assises nationales… : Le Pds dégage sa stratégie dans une lettre de mission

Si depuis le 1er juin le Parti démocratique sénégalais (Pds) fait beaucoup plus de bruit que d’habitude, il n’a pas attendu le lancement des Assises nationales pour peaufiner une riposte. Dans une lettre de mission, en sept points, tous les segments du Pds ont été briefés sur une stratégie pour faire échec aux Assises nationales.

Dans la majorité présidentielle, la mobilisation était générale depuis le 24 mai ; soit une semaine avant le démarrage des Assises nationales. C’est jour-là que les «généraux» de Wade se sont réunis pour établir une feuille de route, en vue de contrecarrer l’offensive de l’opposition que les libéraux redoutent. Le conclave des ténors du Parti démocratique sénégalais (Pds) a accouché d’une «lettre de mission» en sept points. Elle aurait été envoyée à toutes les fédérations du pays. Donc, avant même que les organisateurs des Assises nationales n’arpentent le pays profond, le Pds et ses alliés avaient déjà «travaillé» la base. La fédération de France a aussi reçu cette lettre, par l’intermédiaire du commissaire politique Cheikh Mbacké Diop venu lancer un Observatoire qui se veut défenseur de Wade.

Dans le préambule de cette lettre, dont nous avons eu copie, il est écrit : «Au nom de la coalition de la majorité, il faut, dans chaque département du Sénégal identifier les personnalités, groupements, associations, mouvements de jeunes, de femmes, leaders de partis politiques, religieux, syndicaux, cadres, ex-immigrés influents, membres de l’Alliance And Siggil Senegaal, devant participer aux Assises nationales ou susceptibles d’y participer. A partir de cette semaine, distinguer ceux qui sont déjà partie prenantes de la manifestation, ceux qui n’en font pas encore partie. Dans le premier groupe, distinguer, si possible, ceux dont la participation peut être considérée comme irrémédiable et ceux dont celle-ci peu varier. Pour quelles raisons éventuelles ? Il faut le savoir.» Ainsi, l’on remarque que le pouvoir planifiait déjà sa campagne d’intimidation envers toutes ces sensibilités auscultées à la loupe.

FEUILLE DE ROUTE

La feuille de route demande ensuite aux destinataires du message de «contacter les cibles identifiées et répertoriées, de façon systématique, pour leur faire savoir» les sept recommandations.

Le premier point résume cette idée brandie par Wade et Cie, avant le 1er juin : les «Assises nationales ne sont pas une simple opération de rencontre, pour dialoguer, mais bien une opération de déstabilisation, avec l’objectif d’en faire une Conférence nationale (bien qu’on s’en défende), pour modifier les choix politiques que le peuple sénégalais a démocratiquement faits aux élections présidentielle et législatives passées». Le deuxième point est également une rhétorique plusieurs fois entendue : «Ceux qui les organisent contestent la légitimité constitutionnelle du chef de l’Etat et cherchent à provoquer son départ.» Le point 3 complète : «Ils avaient dans ce sens, déjà initié l’Idewa (Initiative pour le départ de Wade : Ndlr). Après son échec, ils ont annoncé que leur objectif était de rendre le Sénégal ingouvernable». Tandis que le 4e point fait référence à «certains de ceux qui les organisent sont à la base de la grève qui menace notre pays d’une année blanche». Le cinquième point rappelle, quant à lui, les «12 appels au dialogue» (entre avril 2003 et 2008) lancés par Wade et refusés par l’opposition.

Dans le point 6, les libéraux déplorent le  «radicalisme» de l’opposition et son «manque de conviction politique». Et le point 7 de conclure : «A la vérité, ils veulent changer le régime en place, ses hommes, ses options, ses choix économiques, politiques, culturels et sociaux, sans passer par les voies démocratiques.»

Si les libéraux de France n’ont reçu cette «lettre de mission» que bien après son édition, ils se sont en tout cas aussitôt mis au boulot. L’Observatoire que certains d’entre eux ont installé a tenu sa première conférence de presse, lundi soir, au Consulat général du Sénégal à Paris. «Nous n’accepterons jamais que des oiseaux de mauvais augure sèment la confusion, car le peuple sénégalais se dressera comme un seul corps pour défendre la Nation», ont notamment fait savoir Ousseynou Seck, Amadou Barry, Amadou Sow, Doudou Sidibé…

 

 

Par Thierno DIALLO - Correspondant permanent en France -

 

Publié dans Politique

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