MODIFICATION DE L’ARTICLE 27

Publié le par Par Ibrahima Lissa FAYE | SUD QUOTIDIEN

« Ça serait une déclaration de guerre si… », selon Tanor Dieng

Le secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Ousmane Tanor Dieng trouve inacceptable une modification de l’article 27 de la Constitution. Pour lui, « cela serait un casus belli si l’article 27 de la Constitution venait d’être modifiée ». Le leader du Ps était hier, dimanche 22 juin l’invité de l’émission « Grand jury » de la Radio futurs médias (Rfm). Ousmane Tanor Dieng est revenu sur la démission de Babacar Ndiaye des assises nationales et du refus d’Idrissa Seck d’y faire partie.
 L’opposition semble ne pas être prête à accepter la modification de l’article 27 de la Constitution qui permet une prorogation du mandat du président de la République de cinq à sept ans. En tout cas, le secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Ousmane Tanor Dieng a que « ce serait un casus belli (déclaration de guerre, Ndlr) à la classe politique » si pour se maintenir plus longtemps encore au pouvoir Abdoulaye Wade modifiait les dispositions de l’article 27 de la constitution par la voie parlementaire ». Il a fait cette déclaration sur les ondes de la radio futurs médias (Rfm) hier, dimanche 22 juin à l’occasion de l’émission « Grand jury ».

Le chef de file des socialistes a indiqué que « c’est une procédure anticonstitutionnelle ». Il a rappelé le fait que tous les constitutionnalistes du Sénégal soient unanimes à dire que cette disposition ne peut être modifiée que par la voie référendaire. « Des membres du comité de rédaction de la charte fondamentale de notre pays, notamment les professeurs de Droit, Pape Demba Sy et Babacar Gaye avaient exclu toute possibilité de modification de ce texte par le Parlement », a-t-il rappelé.

Cette question a été évoquée par l’animateur de l’émission suite aux informations parues dans la presse du week-end faisant état de l’atterrissage à l’Assemblée nationale du projet de loi portant sur la modification de l’article 27 de la Constitution. Le secrétaire général du Ps est convaincu que « cette modification est inopportune. Et d’analyser : « le Sénégal a d’autres priorités qui touchent à son quotidien, aux différentes pénuries auxquelles les populations sont confrontées ». Il s’est, en outre, dit surpris par cette volonté du président de la République, Abdoulaye Wade de vaille que vaille changer ce texte. « Après le tollé suscité par l’idée, je croyais que Wade avait laissé de côté ce projet », a-t-il avancé.

Le projet de loi constitutionnelle modifiant l’article 27 alinéa 1 de la Constitution, adopté il y a quelques semaines en conseil des ministres, vise à faire passer la durée du mandat du président de la République de 5 à 7 ans, renouvelable une fois. Ce serait en somme un retour aux dispositions en la matière de la précédente Loi fondamentale du Sénégal.

Ousmane Tanor Dieng a, par ailleurs, réagi par rapport à la démission de l’ancien directeur général de la Banque Africaine de développement (Bad), Babacar Ndiaye. Selon lui, « d’autres Babacar Ndiaye viendront, nous ne perdrons pas au change ! » Même si cela suscite des regrets aux niveaux des partisans des assises nationales, il ne démord pas. Le leader du Ps a la conviction que d’autres Babacar Ndiaye se joindront aux assises nationales. « Vous allez voir que nous ne perdrons pas au change », a-t-il souligné.

Sur l’attitude d’Idrissa Sek qui a décliné l’invitation des initiateurs des Assises, Ousmane Tanor Dieng a fait savoir que « l’ancien Premier ministre est dans son droit mais qu’il ne doit pas ôter à la manifestation de l’opposition son caractère inclusif ». Et d’ajouter : « nous avons invité toute le monde, même le Président de la République ».

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